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CR Belouizdad : Madar entame la révolution

par Abderrahim A.
CR Belouizdad : Madar entame la révolution

Le CR Belouizdad, longtemps référence du football algérien, traverse aujourd’hui l’une des phases les plus délicates de son histoire récente. Après deux saisons sans titre, l’actionnaire majoritaire Madar Holding a décidé de passer à l’action en opérant un véritable séisme institutionnel.
Le temps des interrogations aura finalement été de courte durée. Quelques heures après un nouvel échec en finale de la Coupe d’Algérie, Madar Holding a officialisé, dimanche 3 mai, la dissolution du conseil d’administration du CR Belouizdad.
Une décision forte qui confirme le constat largement partagé : le Chabab est entré dans une phase de régression sportive inquiétante après quatre années de domination nationale presque sans partage.

Le communiqué publié par Madar Holding marque un tournant majeur. Les fonctions du président Badr Eddine Bahloul ont été résiliées et un nouveau conseil d’administration a immédiatement été installé. Composé de Mohamed Arar, Hocine Hadouche, Abdelkrim Ben Salam, Boualem Boukrouche et Yazid Taghout, ce nouvel organe dirigeant a rapidement élu Mohamed Arrar à la présidence du club. Un changement qui illustre la volonté claire de l’actionnaire majoritaire de reprendre la main.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu. Pour la deuxième saison consécutive, le CRB termine l’exercice sans le moindre trophée. Un scénario impensable il y a encore quelques années lorsque le club dominait la Ligue 1 Mobilis et imposait sa suprématie sur le football national. La génération dorée qui avait permis au Chabab d’enchaîner les sacres semble désormais appartenir au passé.

Des milliards investis, peu de résultats
Depuis l’arrivée du groupe Madar, les moyens financiers n’ont jamais fait défaut. Des investissements importants ont été consentis pour bâtir un effectif compétitif capable de régner durablement et de briller sur la scène continentale. Pourtant, les deux dernières saisons ont mis en lumière une contradiction frappante : une masse salariale élevée sans retour sportif tangible.
Plusieurs recrutements coûteux n’ont pas donné les résultats espérés. Le cas du milieu ivoirien Ahoua symbolise cette politique sportive mal maîtrisée : un investissement conséquent pour un joueur très peu utilisé. Au-delà des individualités, c’est toute la stratégie sportive qui a semblé manquer de cohérence, laissant apparaître une équipe sans identité claire ni continuité technique.
Face à cette situation, les critiques se sont progressivement déplacées vers la gouvernance du club. Beaucoup estimaient que le PDG de Madar Holding, Adel Khemane, devait intervenir directement pour remettre de l’ordre. Le communiqué publié dimanche apparaît justement comme la réponse attendue à cette pression croissante.

Une restructuration profonde engagée
La réforme ne se limite pas à un simple changement de président. Le nouveau conseil d’administration a également nommé Djaber Naamoun au poste de directeur sportif, avec des pouvoirs élargis. Une décision stratégique qui vise à corriger l’un des principaux dysfonctionnements du CRB ces derniers mois : l’absence d’une véritable structure sportive capable d’anticiper, planifier et encadrer les choix techniques. Jusqu’ici, la gestion quotidienne reposait largement sur le PCA, exposé à une pression constante et contraint de gérer simultanément l’administratif, le sportif et les crises internes. Cette centralisation excessive a montré ses limites.
La nomination d’un directeur sportif devrait permettre une meilleure répartition des responsabilités et une vision plus cohérente du projet sportif.
Le dossier de l’ancien entraîneur Sead Ramovic, toujours source de débats, illustre d’ailleurs les failles organisationnelles qui ont fragilisé le club. En restructurant la direction, Madar Holding cherche désormais à éviter la répétition de telles situations.

Retrouver l’ADN du champion
Dans son communiqué, Madar Holding évoque explicitement des « changements radicaux » et des « réformes approfondies » destinés à redonner au CR Belouizdad sa gloire passée. L’objectif est clair : reconstruire une équipe capable de reconquérir les titres nationaux et de représenter dignement l’Algérie sur la scène africaine.
Le message envoyé est également symbolique. Après une période d’observation, l’actionnaire majoritaire assume pleinement ses responsabilités et reprend le contrôle stratégique du club. Reste désormais à traduire cette révolution administrative en résultats sportifs concrets, car le temps presse pour un club habitué à jouer les premiers rôles.
Le séisme institutionnel est lancé au CR Belouizdad. Mais une question demeure : cette révolution sera-t-elle le début d’une renaissance… ou le dernier avertissement avant une crise plus profonde ?

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