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Une défaite plus sévère que prévu

par Abderrahim A.
Une défaite plus sévère que prévu

La défaite de l’Algérie face à l’Argentine sur le score de 3 à 0 laisse un goût amer. Même dans les scénarios les plus pessimistes, peu imaginaient un écart aussi important au coup de sifflet final.
Face au champion du monde en titre et à l’un des grands favoris du tournoi, les Verts savaient que la mission serait particulièrement difficile. Mais au-delà du résultat, c’est surtout la manière qui suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations.
Après une première période déjà compliquée, durant laquelle les Algériens avaient éprouvé de grandes difficultés à contenir les offensives argentines, on attendait une réaction après la pause. Pourtant, le second acte n’a pratiquement rien apporté de positif. L’équipe nationale n’a jamais donné l’impression de pouvoir inverser la tendance ou même réduire l’écart. Les rares phases de possession n’ont pas débouché sur de véritables occasions et l’animation offensive est restée trop limitée pour inquiéter sérieusement l’adversaire.

Le deuxième but argentin a sans doute marqué le tournant définitif de la rencontre. Sur cette action, Zidane porte une part importante de responsabilité.
À ce moment précis du match, alors que l’Algérie cherchait encore à rester en vie, cette erreur a eu l’effet d’un coup de massue.
Plus globalement, le gardien n’a pas dégagé la sérénité ni la sécurité dont son équipe avait besoin dans une confrontation de ce niveau. Face à un adversaire aussi redoutable, chaque détail compte, et la moindre approximation se paie immédiatement.
Sur le plan offensif, les statistiques de possession par séquences n’ont pas reflété une réelle maîtrise du jeu.
L’Algérie a parfois réussi à conserver le ballon, mais sans jamais trouver la solution pour déséquilibrer le bloc argentin. Le côté gauche s’est montré plus actif que le flanc droit, mais cette légère supériorité n’a pas été exploitée efficacement.

Les actions se sont systématiquement arrêtées avant leur conclusion ou ont manqué de précision dans les derniers mètres. Plus inquiétant encore, l’équipe n’a pratiquement pas cadré ses tentatives, illustrant parfaitement son manque d’efficacité.
Et puis il y avait Lionel Messi. Une fois encore, la star argentine a démontré pourquoi elle reste l’un des joueurs les plus influents de l’histoire du football.
Comme tant d’équipes avant elle, l’Algérie a subi son génie. Cependant, ce qui peut être reproché aux Verts, ce n’est pas tant d’avoir souffert face à Messi que d’avoir répété certaines erreurs pourtant identifiées avant la rencontre. Le staff et les joueurs savaient à quoi s’attendre.
Toute la préparation visait justement à limiter l’impact du capitaine argentin, mais sur le terrain, les mêmes failles sont réapparues.
Certes, l’Algérie affrontait un collectif parfaitement huilé, champion du monde et habitué aux grands rendez-vous. Personne ne s’attendait à une tâche facile. Néanmoins, même en cas de défaite, l’objectif était de préserver toutes les chances de qualification en évitant un lourd revers. Dans une compétition où la différence de buts peut jouer un rôle déterminant, encaisser trois buts sans en marquer complique forcément les calculs pour la suite du tournoi.

Au-delà des aspects tactiques, certains joueurs ont semblé méconnaissables à Kansas City. Plusieurs cadres et éléments importants ont affiché un niveau très éloigné de leurs standards habituels. Difficile de savoir si le poids du nom de l’adversaire, l’atmosphère particulière d’une Coupe du monde ou simplement la pression de l’événement ont paralysé certains d’entre eux.
Mais le constat est là : plusieurs internationaux ont semblé inhibés, incapables d’exprimer leurs qualités ou de prendre les initiatives nécessaires pour relancer leur équipe. Tout n’est cependant pas à jeter. Dans les prochains jours, certaines prestations individuelles mériteront d’être analysées séparément, car quelques joueurs ont tenté de résister au naufrage collectif malgré les circonstances difficiles.
Pour l’heure, l’essentiel est ailleurs. Cette rencontre doit rapidement être rangée dans les archives. La bande à Petkovic n’a pas le temps de s’attarder sur cette désillusion.
Le Mondial ne pardonne pas les équipes qui restent prisonnières de leurs regrets. Les Verts devront tirer les enseignements de cette lourde défaite, corriger leurs erreurs et retrouver leur confiance pour les deux prochains matchs contre la Jordanie et l’Autriche. Car si le rêve de qualification est encore possible, il passera obligatoirement par une réaction forte et immédiate.

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