Rien ne va plus sur les bancs de la Ligue 1 ! À peine quelques semaines après le coup d’envoi du championnat, la liste des entraîneurs remerciés ou démissionnaires ne cesse de s’allonger.
Le dernier en date n’est autre que Lotfi Boudraa, qui devient le cinquième coach à quitter son poste cette saison, confirmant ainsi une instabilité chronique dans les clubs de l’élite.
Avant lui, Antoine Hey (ex-ES Sétif), Abdelkader Amrani (MB Rouissat), Bilal Dziri (Paradou AC) et Cherif Hadjar (MC El Bayadh) ont tous fait leurs valises, parfois après seulement quelques journées de compétition. Une série qui illustre, une fois de plus, le manque de patience et de vision à long terme au sein des directions sportives.
Une instabilité devenue la norme
Dans le championnat algérien, le poste d’entraîneur est sans doute le plus exposé. Un faux pas, une défaite à domicile, ou une série de matchs nuls, et la sentence tombe.
« Le problème, c’est que beaucoup de clubs n’ont pas de projet sportif clair. On cherche des résultats immédiats, sans se donner le temps de construire », confie un ancien technicien du championnat.
Entre pressions populaires, moyens limités et ambitions parfois irréalistes, les entraîneurs travaillent souvent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Certains n’ont même pas le temps d’imposer leur style ou de connaître leurs joueurs avant d’être écartés. Ces changements à répétition pèsent lourdement sur les performances des clubs.
Chaque nouvel entraîneur apporte sa méthode, son système de jeu et ses choix tactiques, ce qui perturbe la stabilité du groupe. Les joueurs doivent sans cesse s’adapter, et les résultats s’en ressentent.
Sur le plan financier, les indemnités de rupture s’accumulent et alourdissent la gestion des clubs, déjà fragilisés économiquement. « Changer d’entraîneur ne règle pas tous les problèmes », rappelle un dirigeant sous couvert d’anonymat.
Vers une prise de conscience ?
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à plus de stabilité et de professionnalisme. La Fédération algérienne de football (FAF) et la Ligue de football professionnel (LFP) sont invitées à encadrer davantage la relation entre les clubs et les entraîneurs, afin de limiter les ruptures précoces de contrat.
Car tant que la culture du résultat immédiat primera sur la construction à long terme, la valse des entraîneurs continuera de rythmer la vie du championnat. Et, pour l’instant, la musique ne semble pas près de s’arrêter.