L’équipe nationale algérienne s’est imposée logiquement (3–1) face au Zimbabwe lors d’un match amical disputé jeudi soir à Jeddah (Arabie saoudite). Une victoire nette sur le papier, maîtrisée dans le jeu… mais qui ne convainc qu’à moitié.
Face à un adversaire apathique, sans intensité ni pressing, les Verts ont déroulé sans jamais être réellement bousculés. De quoi entretenir la confiance, certes, mais pas encore de rassurer sur la trajectoire du projet mené par Vladimir Petkovic.
Une domination tranquille mais trompeuse
Dès les premières minutes, le ton était donné : l’Algérie monopolisait le ballon, le Zimbabwe observait. Les coéquipiers du revenant Ismaël Bennacer ont imposé leur rythme, fait circuler proprement, et trouvé des espaces dans une défense adverse étonnamment permissive.
Les buts algériens sont venus logiquement, fruits d’une supériorité technique évidente et d’un collectif qui, malgré quelques automatismes encore fragiles, a su exploiter les largesses zimbabwéennes. Pour autant, la rencontre a rapidement pris des allures d’entraînement grandeur nature.
Le manque de pressing adverse, la faiblesse du bloc défensif et l’absence d’agressivité ont empêché les Verts de se mesurer à une réelle adversité. Ce contexte a rendu la victoire aussi logique… que peu significative.
Un sélectionneur toujours sous observation
Si la victoire est là, les interrogations autour du sélectionneur Vladimir Petkovic ne faiblissent pas. Depuis sa prise de fonction, l’entraîneur suisse peine à convaincre totalement.
Ses choix tactiques et ses expérimentations répétées divisent. Face au Zimbabwe, certains de ses positionnements ont laissé perplexe : des joueurs décalés à des postes inhabituels, des changements tardifs, et surtout une impression générale de tâtonnement.
« Petkovic semble tester pour tester », confiait un ancien international à la fin du match. « Mais on ne sent pas une ligne directrice claire. »
Ce sentiment d’improvisation inquiète une partie du public et de la presse, surtout à l’approche de rendez-vous plus relevés, à commencer par la phase finale de la CAN, dont le coup d’envoi aura lieu le 18 décembre prochain. Car si l’on salue la volonté du sélectionneur de renouveler le groupe et d’insuffler une nouvelle dynamique, la cohérence globale tarde à apparaître.
Des individualités en lumière, un collectif encore flou
Sur le plan individuel, certains joueurs ont confirmé leur forme du moment. Le milieu Bennacer, toujours précieux dans la relance, a dicté le tempo. Sur les ailes, quelques fulgurances offensives ont rappelé le potentiel technique du groupe. Mais l’équipe reste en recherche d’équilibre.
L’animation défensive, notamment lors des rares incursions du Zimbabwe, a montré des signes de fébrilité. Trop d’espace entre les lignes, des replis parfois tardifs — autant de détails qui, face à un adversaire plus structuré, pourraient coûter cher.
Le vrai test : l’Arabie Saoudite
Petkovic le sait mieux que quiconque : cette victoire, aussi propre soit-elle, n’a pas valeur de preuve. Le véritable test interviendra mardi prochain face à l’Arabie Saoudite, une formation mieux organisée, plus athlétique et plus exigeante dans le pressing.
C’est à ce moment-là que l’on pourra juger de la progression réelle des Fennecs, de leur capacité à s’adapter et à hausser leur niveau.
Entre satisfaction de surface et doutes persistants, cette Algérie version Petkovic avance à petits pas. L’envie et la maîtrise technique sont là, mais la cohérence collective et la constance restent à bâtir.
Les supporters, eux, oscillent entre patience et frustration : ils veulent revoir une équipe conquérante, capable d’imposer son style face à n’importe quel adversaire. La victoire contre le Zimbabwe ne fait pas illusion — elle n’est qu’une étape, sans éclat, sur un chemin encore semé de questions.