L’impact d’Anis Hadj Moussa sur le résultat du match de mardi soir contre l’Arabie Saoudite ne fait aucun doute : son activité offensive a été décisive et a pesé directement dans la victoire algérienne. Mais au-delà de cette influence, une question tactique demeure : comment l’utiliser au mieux dans le schéma de Vladimir Petkovic ?
Un poste de meneur de jeu qui ne lui convient pas
Le constat est clair : aligner Hadj Moussa en tant que milieu offensif axial, comme ce fut le cas dans la majeure partie de son temps de jeu face à l’Arabie Saoudite, n’apporte pas la plus-value espérée.
Son profil explosif, basé sur la vitesse, la percussion et le un-contre-un, ne s’exprime pas pleinement dans l’intervalle réduit du cœur du jeu. Le sélectionner dans ce rôle central limite sa liberté de mouvement et réduit l’impact de ses qualités naturelles.
C’est un choix que le staff technique gagnerait à ne plus envisager. Hadj Moussa n’est pas un organisateur ; il est un dynamiteur, un créateur d’espaces qui doit évoluer là où il peut lancer ses accélérations et déstabiliser les lignes.
Le couloir : son terrain d’expression naturel
Pour tirer profit de son talent, la formule est simple et déjà éprouvée dans son club : le laisser libre sur l’aile, avec suffisamment de minutes pour entrer pleinement dans le rythme du match.
Sur le flanc, Hadj Moussa excelle dans la prise de vitesse, les changements de direction et les infiltrations. Sa capacité à casser les défenses par le dribble en fait un atout précieux, à condition qu’il évolue dans un environnement tactique cohérent avec ses qualités.
L’ailier doit encore progresser dans un domaine : la prise de décision dans le dernier geste. Choisir entre frapper ou servir un coéquipier reste parfois un point d’amélioration. Une question de lucidité, qui viendra avec l’expérience et un temps de jeu régulier.
Malgré ces ajustements nécessaires, son apport demeure incontestable. C’est lui qui obtient le penalty après une action individuelle d’éclat, traverse la défense saoudienne balle au pied, puis, sur une seconde pénétration, provoque le ballon qui mène au deuxième but, inscrit sur un retour de frappe.
À chaque fois, son initiative fait la différence. À chaque fois, il crée le danger là où d’autres peinent à franchir le premier rideau.
Un potentiel immense à exploiter intelligemment
Avec plus d’espace, plus de constance et quelques détails corrigés dans la finition, Hadj Moussa peut devenir l’un des éléments offensifs les plus importants de la sélection. Le potentiel est là, la technique aussi. Ne reste qu’à l’encadrer dans le rôle qui permet d’en tirer la quintessence. Une meilleure utilisation, quelques ajustements… et l’Algérie pourrait récolter bien davantage.