À l’approche de la CAN 2025, un nouvel épisode rappelle le bras de fer silencieux entre clubs européens et sélections africaines. Manchester City a officiellement demandé à la FAF un aménagement concernant Rayan Aït Nouri selon plusieurs médias Britanniques. Une requête qui relance un débat récurrent : celui de la disponibilité des internationaux en période de compétition continentale.
À trois semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, Manchester City a sollicité la Fédération algérienne de football pour obtenir un report de l’arrivée de Rayan Aït Nouri en sélection. Selon The Athletic, Pep Guardiola souhaite que son latéral rejoigne le stage des Verts le 17 décembre, soit deux jours après le début du rassemblement prévu le 15.
Les dirigeants anglais avancent un argument classique mais difficile à ignorer : un calendrier démentiel. Les Citizens doivent disputer cinq rencontres en quinze jours, dont un choc très attendu face au Real Madrid en Ligue des champions. Guardiola, qui n’a pas pu compter régulièrement sur Aït Nouri depuis son arrivée, espère disposer du joueur dans cette séquence cruciale. Le latéral, transféré cet été de Wolverhampton, n’a pris part qu’à sept matchs officiels depuis le début de saison, freinés par plusieurs blessures qui ont perturbé son adaptation.
Aït Nouri traverse un début d’aventure mitigé à Manchester. Entre pépins physiques et concurrence interne, il peine à s’installer durablement dans le onze de départ. Il a manqué neuf rencontres pour blessure et est resté remplaçant lors de quatre autres, un bilan que Guardiola voudrait consolider avant son départ pour la sélection. L’entraîneur espagnol voit en lui un élément important de la seconde moitié de saison, au même titre que l’Égyptien Omar Marmoush, également concerné par la CAN.
Selon le Mirror, Guardiola a garanti à ses deux joueurs qu’ils retrouveraient un rôle majeur à leur retour du Maroc. Cette assurance laisse entendre que Manchester City cherche autant à préserver ses intérêts sportifs qu’à maintenir un climat de confiance avec les internationaux concernés. La requête adressée à la FAF s’inscrit donc dans une stratégie de gestion, plus que dans une volonté d’empêcher un départ.
Une demande à double tranchant
Reste désormais à savoir si la Fédération algérienne et Vladimir Petkovic accepteront ce compromis délicat. Pour un sélectionneur, réduire le temps de préparation d’un joueur clé à seulement quatre jours avant la compétition n’est jamais anodin.
La CAN, exigeante physiquement et tactiquement, repose en grande partie sur la qualité de la préparation collective. Accorder un délai pourrait être perçu comme un geste de diplomatie envers un club influent, mais aussi comme un risque pour l’homogénéité du groupe. L’enjeu dépasse ainsi le seul cas Aït Nouri.
Il s’inscrit dans un débat plus large : celui de la place des compétitions africaines dans le calendrier international. Les clubs européens, confrontés à une densité de matchs exceptionnelle, voient souvent dans la CAN un manque à gagner sportif. Les sélections, de leur côté, rappellent leur droit légitime à disposer de leurs joueurs dans les délais fixés par la FIFA.
Un équilibre difficile à trouver
La décision finale pourrait donc refléter l’équilibre fragile que tentent de maintenir les fédérations africaines : préserver l’intérêt sportif de la sélection tout en évitant des tensions avec des clubs qui jouent un rôle central dans le développement et la progression des joueurs.
Pour Aït Nouri, la situation se complique : accepter un départ tardif pourrait satisfaire Manchester City, mais risquer de réduire son temps d’adaptation au sein des Verts pour une CAN où la concurrence s’annonce rude.
Entre diplomatie sportive et impératif de performance, la FAF devra trancher : accorder un délai ou faire valoir pleinement ses droits à quelques jours d’une CAN cruciale.