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Football amateur en crise : Des clubs à la dérive

par B. Elias
Football amateur en crise : Des clubs à la dérive

Le football amateur algérien traverse une crise profonde. Entre gestion défaillante, absence de staff technique et vide administratif, des clubs historiques comme le MO Béjaïa ou l’USM El-Harrach montrent l’ampleur des dysfonctionnements.
Pendant que les joueurs et les supporters tentent de garder espoir, la désorganisation menace l’avenir sportif et structurel de ces institutions.

Le MO Béjaïa illustre parfaitement ce désordre. Selon nos informations, le club évolue actuellement sans entraîneur ni préparateur physique, laissant les joueurs livrés à eux-mêmes pour s’entraîner et préparer les matchs. L’absence d’encadrement professionnel affecte directement la cohésion et les performances sportives.

La direction, critiquée pour son inertie, n’a toujours pas mis en place de stratégie pour le mercato hivernal. Des joueurs ont été libérés sans remplacement, aggravant les carences d’un effectif déjà limité. Cette situation crée un environnement incertain où discipline et rigueur sont compromises. Les joueurs manquent de repères, et l’esprit d’équipe s’affaiblit.

Selon des sources proches du club, la trêve hivernale apparaît comme une ultime opportunité pour rétablir un minimum de structure : recrutement d’un entraîneur et d’un préparateur physique expérimentés, intégration de nouveaux joueurs capables d’être titulaires et d’un gardien pour stabiliser le secteur défensif. Sans ces mesures urgentes, le MOB risque de s’enfoncer dans une spirale descendante difficile à inverser, avec des conséquences sur les performances sportives et la fidélité de ses supporters.

USMH : un blocage institutionnel prolongé
L’USM El-Harrach connaît un problème similaire mais purement administratif. Depuis la démission du président du CSA, Sofiane Touahria, le club est privé de représentant légal, rendant impossible la gestion des comptes bancaires ou la signature de tout document officiel. Selon nos informations, les membres de la cellule de crise, chargés de la gestion provisoire, s’activent pour mettre en place un directoire capable d’assurer l’administration quotidienne jusqu’à l’élection d’un président légitime.

Des sources proches du dossier confirment que la DJS d’Alger est l’autorité compétente pour finaliser l’installation de ce directoire. L’objectif est double : sécuriser le fonctionnement administratif du club et permettre à l’équipe première de se concentrer sur ses objectifs sportifs, notamment sa participation en championnat de ligue 2 et en Coupe d’Algérie.

La cellule de crise indique travailler dans l’urgence pour garantir le paiement des salaires et des primes, mais admet que l’absence d’un représentant légal freine toute décision importante. Si cette situation perdure, elle pourrait compromettre la stabilité du groupe et affecter la préparation des prochaines échéances, malgré les bonnes performances actuelles de l’équipe.

Une problématique récurrente
Ces situations ne sont pas isolées. Le football amateur algérien souffre d’un défaut récurrent de gestion et d’organisation. Au début de la saison, le RC Arbaâ en a fait les frais : le club avait été interdit par la FIFA d’enregistrer de nouveaux joueurs, contraignant l’équipe à déclarer forfait sur tapis vert lors des deux premières journées.

Ces exemples montrent que, sans une gouvernance solide et des décisions structurantes, même les clubs historiques restent vulnérables face aux crises administratives ou financières. Le MOB, l’USMH et le RC Arbaâ illustrent tous le même problème : l’absence de direction compétente, de staff technique et de planification fragilise le football amateur. Les jeunes talents sont mal encadrés, les performances sportives s’en ressentent, et la confiance des supporters s’érode. Pour survivre et progresser, ces clubs doivent apprendre à fonctionner comme de véritables institutions professionnelles.

Le football amateur algérien ne pourra retrouver son éclat que si les fondamentaux de gestion, de discipline et d’encadrement sont respectés. Sinon, combien d’autres clubs devront encore sombrer avant que le système ne se réforme ?

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