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Équipe nationale nationale : Quand les chiffres racontent l’histoire des sélectionneurs depuis l’indépendance

par B. Elias
Équipe nationale nationale : Quand les chiffres racontent l’histoire des sélectionneurs depuis l’indépendance

Depuis l’indépendance, la sélection nationale a connu une succession impressionnante de sélectionneurs. Pas moins de 35 entraîneurs se sont relayés à la tête de l’équipe nationale, dont 12 ont dirigé les Verts à plus d’une reprise.
Cette instabilité relative témoigne à la fois des exigences élevées entourant la sélection et des contextes sportifs souvent complexes auxquels les entraîneurs ont dû faire face.

Pourtant, parmi tous ces techniciens, seuls 11 sélectionneurs ont réussi à enchaîner au moins 20 matchs consécutifs sur le banc de l’équipe nationale. Le dernier en date est Vladimir Petkovic, dont le 20ᵉ match a été disputé face à l’Arabie saoudite en novembre dernier. Un cap symbolique qui permet aujourd’hui d’établir des comparaisons chiffrées avec ses prédécesseurs.

Petkovic, un départ statistiquement exceptionnel
Si l’on se fie strictement au langage des chiffres, Vladimir Petkovic réalise jusqu’à présent le meilleur bilan de l’histoire de la sélection après 20 matchs. En effet, le technicien affiche : 15 victoires sur 20 rencontres, 51 buts inscrits, soit la meilleure attaque, +32 de différence de buts, un record, 75 % de taux de victoire, 2,40 points par match, la moyenne la plus élevée.

Ces statistiques placent Petkovic devant Djamel Belmadi, qui comptait après ses 20 premiers matchs 14 victoires, un taux de succès de 70 % et une moyenne de 2,35 points par match. Un écart certes réduit, mais significatif d’un point de vue purement mathématique.
Ces données interrogent d’autant plus que Petkovic fait régulièrement l’objet de critiques, parfois virulentes. Or, à la lumière de ces chiffres, nombre d’observateurs estiment que ces jugements sont largement excessifs, du moins à ce stade de son mandat.

Le véritable juge : la Coupe d’Afrique des Nations
Toutefois, les statistiques, aussi flatteuses soient-elles, ne suffisent pas à établir un verdict définitif. Vladimir Petkovic sera surtout jugé lors de la Coupe d’Afrique des Nations, qui constituera sa première compétition disputée sous forme de tournoi fermé avec la sélection.

C’est souvent dans ce type de rendez-vous que se forgent ou se brisent les réputations des sélectionneurs.
L’histoire récente rappelle d’ailleurs que les chiffres doivent toujours être mis en perspective avec les résultats dans les grandes compétitions.

Belmadi et l’héritage des titres
À ce titre, Djamel Belmadi bénéficie d’un argument majeur : lors de ses 20 premiers matchs, il a remporté la Coupe d’Afrique des Nations, en dominant des adversaires de premier plan tels que le Sénégal (à deux reprises), la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Une performance de très haut niveau qui a marqué l’une des périodes les plus glorieuses de l’histoire du football national.

Avant lui, le regretté Abdelhamid Kermali avait également réussi l’exploit de remporter la CAN, ainsi que la Coupe afro-asiatique, inscrivant durablement son nom dans la mémoire collective.
Belmadi se distingue aussi par une autre statistique notable : la meilleure solidité défensive, avec seulement 10 buts encaissés lors de ses 20 premiers matchs, soit deux de plus seulement que la ligne défensive dirigée par Kermali.

Gourcuff, une force offensive parfois oubliée
Le passage de Christian Gourcuff mérite également une analyse nuancée. Son bilan est jugé globalement positif, notamment sur le plan offensif. Il reste à ce jour le seul sélectionneur de l’histoire à avoir mené l’équipe nationale à deux victoires sur le score de 7-0.

Son parcours a cependant été freiné par un contexte difficile. Lors de la CAN 2015, le technicien français a dû affronter quatre sélections majeures : défaites face aux deux futurs finalistes, le Ghana et la Côte d’Ivoire, mais aussi victoires convaincantes contre l’Afrique du Sud et le Sénégal. Un tirage particulièrement relevé qui a pesé lourd dans l’évaluation de son travail.

Les chiffres, un indicateur à relativiser
Il convient enfin de rappeler une vérité essentielle : les statistiques ne suffisent pas à déterminer de manière absolue le meilleur ou le pire sélectionneur. Chaque entraîneur a travaillé dans un contexte spécifique, avec des générations de joueurs différentes, des moyens variables, et face à des adversaires dont le niveau évoluait selon les époques.

Le football n’est pas une science exacte, et les chiffres, bien qu’utiles, doivent être analysés avec recul et intelligence. Ils offrent des repères, mais ne racontent jamais toute l’histoire.
En définitive, si Vladimir Petkovic impressionne par ses débuts chiffrés, c’est sur les terrains africains, lors des grandes échéances, que son travail sera véritablement jugé et inscrit – ou non – dans la lignée des sélectionneurs qui ont marqué l’histoire de l’équipe nationale.

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