Accueil LES VERTSÉquipe nationale : Antar Yahia défend Petković

Équipe nationale : Antar Yahia défend Petković

par B. Elias
Équipe nationale : Antar Yahia défend Petković

L’élimination de l’équipe nationale algérienne en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 face au Nigeria continue de susciter de vifs débats.
Entre déception populaire, critiques médiatiques et interrogations sur l’avenir du projet sportif, la sortie prématurée des « Verts » a ravivé un climat de doute autour du sélectionneur Vladimir Petkovic.
Dans ce contexte tendu, la voix d’Antar Yahia, ancien capitaine emblématique de la sélection, s’est distinguée par un discours mesuré, appelant à la lucidité et à la patience.

Invité sur le plateau de la chaîne AL24, l’ex-international algérien a pris la défense du sélectionneur national, estimant que, malgré l’amertume de l’élimination, Petković avait réussi un chantier essentiel : amorcer une véritable transition générationnelle au sein de l’équipe nationale. Un chantier délicat, souvent repoussé par le passé, mais devenu aujourd’hui inévitable.
Pour Antar Yahia, juger le travail du sélectionneur à la seule lumière du résultat sportif serait réducteur. « Ceux qui ont vécu l’intérieur du vestiaire savent à quel point les périodes de reconstruction sont complexes », a-t-il souligné, rappelant que toute phase de renouvellement comporte inévitablement des risques, y compris celui de l’échec à court terme.

Il a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une campagne médiatique excessive à l’encontre de Petković, avertissant que la pression négative peut freiner, voire compromettre, un projet en cours de construction. Selon lui, une défaite durant une phase de transition ne doit pas être perçue comme un verdict définitif, mais comme une étape d’apprentissage.

Le pari assumé de la jeunesse
L’un des principaux arguments avancés par Antar Yahia en faveur du sélectionneur réside dans les choix opérés durant la CAN 2025. Petković a, en effet, offert un temps de jeu conséquent à plusieurs jeunes joueurs, leur permettant de s’aguerrir au plus haut niveau continental. Une décision audacieuse, d’autant plus qu’elle s’est faite sans bouleverser totalement l’équilibre du groupe.

Le technicien helvético-bosnien a commencé à préparer l’après-génération dorée, incarnée par des cadres historiques comme Aïssa Mandi ou Riyad Mahrez. Sans les écarter brutalement, il a progressivement réduit leur centralité, ouvrant la voie à une relève appelée à porter le maillot national dans les années à venir. Pour Antar Yahia, une telle démarche n’avait plus été menée avec autant de clarté depuis de nombreuses années.
L’ancien défenseur central a également rappelé un épisode marquant de l’histoire du football algérien : la CAN 2004. À l’époque, une élimination frustrante avait marqué le début d’une longue période de recul, ponctuée par des absences répétées sur la scène continentale. Antar Yahia met en garde contre le risque de reproduire les mêmes erreurs, en cédant à la précipitation et à la remise en cause systématique.

« Transformer une déception sportive en crise structurelle serait une faute grave », a-t-il prévenu, plaidant pour une approche constructive basée sur l’analyse, la continuité et la capitalisation sur les points positifs. S’il défend la démarche de Petković, Antar Yahia n’en reste pas moins lucide. Il estime que l’équipe nationale ne peut se permettre de demeurer éternellement en phase de reconstruction. La prochaine étape devra être celle de la consolidation, avec des décisions fermes : stabiliser les jeunes éléments qui ont fait leurs preuves et acter la fin du parcours international de certains joueurs arrivés au terme de leur cycle.

L’objectif est clair : redonner aux « Verts » une identité compétitive forte et les ramener durablement sur les podiums africains. Pour Antar Yahia, la CAN 2025 ne doit pas être vue comme une fin, mais comme le point de départ d’un renouveau maîtrisé, à condition que la Fédération, le staff technique et l’opinion publique avancent dans la même direction.

Vous aimerez peut-être aussi

Laisser un commentaire