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Appel à l’unité pour défier le « lobby de la CAF » devant le TAS

par B. Elias
Appel à l’unité pour défier le « lobby de la CAF » devant le TAS

Le football africain traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus délicates de son histoire institutionnelle.
Les récentes décisions prises par la Confédération africaine de football (CAF) ont ravivé un profond malaise au sein de nombreuses fédérations nationales, alimentant un débat de plus en plus intense sur la gouvernance, l’équité sportive et la transparence des organes dirigeants du football continental.

Dans ce climat de défiance généralisée, les appels à une action collective et structurée se multiplient. De nombreux observateurs estiment qu’il est désormais impératif pour les fédérations africaines de dépasser les positions individuelles et de s’engager dans une démarche commune visant à mettre fin à ce qui est décrit comme un « lobby » solidement enraciné au sein des structures de la CAF, accusé d’entretenir des pratiques de corruption, de manipulation et de violations répétées du principe de justice sportive.

Des sanctions controversées et un système à bout de souffle
Selon plusieurs analystes, les sanctions récemment prononcées par les instances de la CAF, dont celles contre la sélection algérienne, ne constituent pas de simples mesures disciplinaires, mais s’apparentent davantage à des tentatives de diversion destinées à masquer des échecs antérieurs.
Des calculs politiques et financiers, fondés sur l’influence et le pouvoir, se seraient effondrés, mettant à nu la fragilité du système décisionnel de l’organisation continentale.

Ces événements ont révélé l’ampleur de la crise qui frappe le football africain, tant sur le plan institutionnel que moral. Loin d’être des incidents isolés, ils témoignent d’un dysfonctionnement structurel profond, nourri par l’opacité, l’absence de contre-pouvoirs efficaces et la concentration des décisions entre les mains de cercles restreints.

La corruption, une menace systémique pour le football africain
Le constat est alarmant : la corruption ne serait plus marginale, mais aurait évolué vers un phénomène systémique, mettant en péril l’intégrité des compétitions et la crédibilité des instances dirigeantes. Arbitres contestés, décisions disciplinaires incohérentes, favoritisme présumé : autant d’éléments qui minent la confiance des acteurs du football africain, des fédérations aux supporters.
L’éradication de ces pratiques apparaît dès lors comme une nécessité urgente, même si la tâche s’annonce complexe. Les réseaux d’influence, solidement ancrés au sein des structures internes, rendent toute réforme interne difficile, voire illusoire, sans une pression externe forte et coordonnée.

Face à cette situation, une solution émerge avec insistance : l’union des fédérations africaines autour d’une initiative juridique commune. Cette démarche consisterait à déposer une plainte officielle auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), étayée par des preuves tangibles, dans le but de demander des comptes aux responsables impliqués.
Les revendications avancées par les partisans de cette option sont radicales mais jugées nécessaires : dissolution du bureau exécutif de la CAF, démantèlement des commissions jugées compromises – en particulier la commission d’arbitrage – et refondation complète de la gouvernance du football africain sur des bases transparentes, démocratiques et responsables. Pour ces observateurs, l’alternative est claire : soit les fédérations s’unissent pour reprendre le contrôle de leur avenir, soit elles acceptent la perpétuation d’un système marqué par l’arbitraire et l’impunité.

Le TAS, dernier rempart de l’équité
Les espoirs de réforme reposent largement sur la crédibilité et l’indépendance du Tribunal arbitral du sport. Institution reconnue au niveau international, le TAS est perçu comme le seul organe capable de trancher ces différends à l’abri des pressions politiques et des intérêts particuliers. Une intervention décisive de cette juridiction pourrait non seulement mettre un terme aux dérives actuelles, mais aussi restaurer une partie de la crédibilité perdue du football africain. Elle enverrait également un signal fort : aucune instance, aussi puissante soit-elle, n’est au-dessus des principes fondamentaux de justice et de transparence.

À l’inverse, le silence et l’inaction feraient peser de lourdes menaces sur l’avenir des compétitions africaines. Les prochaines éditions pourraient se dérouler dans des contextes différents, mais reproduire les mêmes pratiques contestées, aggravant la fracture entre les instances dirigeantes et les acteurs du terrain.
Plus inquiétant encore, certains redoutent des représailles déguisées à l’encontre des fédérations ou des acteurs qui oseraient s’opposer à ce système, renforçant ainsi un climat de peur et de résignation. Le football africain se trouve à un carrefour historique.

L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux protestations isolées, mais à une mobilisation collective, courageuse et structurée. L’unité des fédérations africaines et le recours aux mécanismes internationaux de justice sportive pourraient constituer la dernière chance de sauver l’intégrité, la crédibilité et l’avenir du football sur le continent.

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