Après près de deux ans à la tête de la sélection algérienne, Vladimir Petković a incontestablement apporté un apaisement institutionnel.
La qualification pour la CAN 2025 et pour la Coupe du monde 2026 est acquise, le climat autour de l’équipe nationale est plus serein, et la gestion du groupe ne suscite plus de remous. Sur ce plan, le contrat est rempli.
Mais ce retour au calme suffit-il à parler de progression ? C’est là que le débat s’installe.
Car si la stabilité administrative est réelle, le projet sportif, lui, peine encore à convaincre.
Les résultats positifs enregistrés l’ont été principalement face à des adversaires modestes, souvent inférieurs sur le plan technique et individuel.
Dans ces conditions, la victoire apparaît davantage comme une logique que comme un indicateur de montée en puissance. En revanche, dès que le niveau s’élève, les limites algériennes réapparaissent.
Les confrontations contre des équipes plus structurées —Guinée, Suède, Nigeria — n’ont jamais tourné en faveur des Verts. Et c’est précisément face à ce type d’opposition que se mesure la valeur réelle d’un projet.
La CAN 2025, attendue comme un test grandeur nature, n’a pas dissipé les interrogations. Atteindre les quarts de finale peut sembler satisfaisant sur le papier, mais le contenu a laissé une impression mitigée : peu de domination, peu de contrôle, et une incapacité manifeste à imposer un rapport de force clair.
Le match face au Nigeria a été révélateur. Plus que la défaite, c’est l’impuissance collective qui a marqué les esprits : aucun ajustement tactique notable, aucune réaction forte, comme si l’équipe acceptait la supériorité adverse sans tenter de la contester.
Après vingt-deux mois, l’ossature de l’équipe reste floue. Les choix défensifs varient, le milieu manque de leaders identifiés, et l’animation offensive repose encore largement sur Riyad Mahrez, dont le rôle central pose la question de l’après. Les automatismes tardent à se créer et l’identité de jeu demeure difficile à définir.
Autre point préoccupant : la transition générationnelle. À l’exception de Maza, peu de jeunes ont été intégrés durablement, et aucun visage nouveau ne s’est réellement imposé comme un pilier de l’avenir. Pendant que d’autres sélections africaines investissent clairement dans la construction à moyen terme, l’Algérie semble gérer l’existant sans préparer la suite.
En résumé, Vladimir Petković a réussi à stabiliser l’environnement, mais le chantier sportif reste ouvert.
Le calme est revenu, certes, mais le jeu, lui, se fait toujours attendre.
Et la CAN 2025, loin de valider un projet, a surtout souligné ce qu’il reste à bâtir.