Accueil AFRIQUELigue des champions : Le MCA, roi d’Algérie mais en quête de renaissance africaine

Ligue des champions : Le MCA, roi d’Algérie mais en quête de renaissance africaine

par B. Elias
Ligue des champions : Le MCA, roi d’Algérie mais en quête de renaissance africaine

Depuis trois saisons consécutives, le MC Alger s’impose comme l’un des acteurs majeurs du championnat algérien. Dominateur, régulier et souvent spectaculaire sur la scène nationale, le Doyen continue d’alimenter les débats et de cristalliser l’attention des observateurs. 

Pourtant, cette suprématie locale contraste fortement avec les difficultés persistantes du club sur la scène africaine, où le MCA peine toujours à renouer avec son glorieux passé. Car l’histoire continentale du Mouloudia reste marquée par une réalité implacable : depuis son unique sacre africain en 1976, le club algérois n’a jamais réussi à soulever de nouveau trophée continental. Près d’un demi-siècle plus tard, cette longue disette continue de peser lourdement sur les épaules d’un club dont l’ambition africaine demeure intacte, mais rarement concrétisée.

Engagé pour la deuxième saison consécutive en Ligue des champions de la CAF, le MCA nourrissait pourtant de légitimes espoirs. La campagne précédente avait laissé entrevoir une lueur d’optimisme, avec une qualification méritée pour les quarts de finale, signe d’un possible renouveau sur le plan continental. Cette performance avait renforcé la conviction que le club était enfin sur la bonne voie, capable de rivaliser avec les cadors africains.
Mais la réalité de l’actuel exercice est tout autre. La deuxième défaite concédée en phase de poules est venue brutalement rappeler les limites de l’équipe à ce niveau de compétition. Un revers de trop, qui réduit considérablement les chances de rééditer le scénario de la saison passée. Désormais, la qualification pour le tour suivant apparaît comme un objectif extrêmement compromis, voire hors de portée, sauf improbable retournement de situation.

Mercatos ratés à répétition
Cet échec sportif a rapidement provoqué une onde de choc dans les fiefs du club. La colère gronde chez les supporters, lassés de voir leur équipe briller en Algérie mais trébucher systématiquement en Afrique. Les critiques se sont intensifiées au fil des contre-performances, traduisant une frustration accumulée depuis plusieurs années.

Au cœur de cette tempête, le président Hadj Redjem se retrouve en première ligne. Pointé du doigt par une grande partie de la base mouloudéenne, il est accusé d’un recrutement jugé insuffisant, voire raté à répétition. Des choix contestés, des profils qui n’ont pas apporté la plus-value espérée et un manque criant d’expérience africaine au sein de l’effectif sont autant de griefs avancés par les supporters pour expliquer cette nouvelle désillusion continentale.

L’impuissance des Vert et Rouge sur les terrains africains se reflète d’ailleurs dans une statistique édifiante, qui résume à elle seule leurs difficultés chroniques dans ce registre. Sur ses dix dernières rencontres africaines, le club algérois ne compte qu’une seule victoire, acquise face au modeste FC Fasil Kenema du Liberia. Un bilan famélique, aggravé par une production offensive extrêmement pauvre : seulement cinq buts inscrits sur l’ensemble de ces dix matchs, dont trois lors de cette unique victoire contre Fasil.

Plus inquiétant encore, si l’on exclut ce match retour face à l’adversaire libérien, le constat devient alarmant. Le Mouloudia reste alors sur une série de neuf rencontres africaines sans la moindre victoire, avec seulement deux buts marqués. Une inefficacité offensive flagrante, qui met en lumière l’incapacité de l’équipe à se montrer dangereuse face à des adversaires pourtant de niveaux variés. Cette statistique illustre parfaitement le fossé qui sépare le rendement du MCA sur le plan national de ses prestations continentales. Elle pose surtout la question du profil de l’effectif, de la qualité du recrutement et de la préparation spécifique aux joutes africaines, où l’expérience, le réalisme et la solidité mentale sont souvent déterminants. À ce rythme, et sans correctifs majeurs, le Mouloudia semble condamné à revivre les mêmes scénarios frustrants, loin des ambitions affichées et de son glorieux passé africain.

Ainsi, le vieux club de la capitale se retrouve une fois de plus face à ses contradictions : une puissance incontestable sur le plan national, mais une fragilité persistante dès qu’il s’agit de franchir un cap en Afrique. Plus qu’un simple faux pas, cette campagne pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir du club, appelant à une profonde remise en question de sa politique sportive s’il veut, un jour, renouer avec la grandeur africaine qui a fait sa légende.

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