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Handball algérien : Entre nostalgie et urgence de réforme

par B. Elias
Handball algérien : Entre nostalgie et urgence de réforme

La récente aventure de l’équipe nationale algérienne de handball à la Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Rwanda, s’est soldée par une défaite humiliante face au Cap Vert (7e lors de l’édition d’avant) et une modeste quatrième place.
Un résultat qui, en réalité, ne traduit que partiellement l’ampleur de la crise.
L’image d’un collectif au visage fatigué et à la performance terne révèle surtout un mal structurel, profond et durable, qui dépasse la simple défaite d’un match. Comme à l’accoutumée, après chaque déconvenue, la page se tourne rapidement.

L’enthousiasme pour le handball disparaît pour laisser place à l’oubli, jusqu’à l’approche de la prochaine compétition. Alors, soudainement, le public se souvient à nouveau de la même équipe nationale, et lui impose des attentes de victoires et de titres, comme si les blessures profondes de la discipline pouvaient se cicatriser en quelques mois.
Cette routine, répétée depuis des années, reflète une vérité douloureuse : nous tournons en rond. Le discours se répète, mais les causes des échecs restent inchangées. Et tant que rien n’évolue sur le plan structurel, les résultats continueront de décevoir.

Il serait injuste d’accabler uniquement les joueurs, le staff technique ou même les responsables de la fédération. La responsabilité principale incombe à ceux qui détiennent le pouvoir de décision : ceux qui pourraient choisir une voie différente, mais qui, par inertie ou manque de vision, ne le font pas. La solution ne consiste pas en promesses temporaires ou en gesticulations médiatiques, elle exige un engagement concret et durable pour la discipline.
Il faut bâtir un projet national solide : créer un championnat professionnel crédible, impliquant des clubs historiques et compétitifs, fournir des moyens techniques, financiers et organisationnels adaptés, moderniser les infrastructures sportives, et offrir au handball la couverture médiatique et la reconnaissance qu’il mérite.

Sans ces mesures, la situation restera inchangée : des compétitions après d’autres, des déceptions répétées, des discours redondants et une souffrance que nous accepterons encore et encore, tandis que d’autres nations avancent et nous dépassent.
Hier, c’était l’Angola, aujourd’hui, le Cap-Vert et le Nigeria. Le handball algérien n’a pas besoin de promesses éphémères qui surgissent à chaque échec. Il a besoin de courage politique, de décisions stratégiques claires, et d’une vision à long terme qui restaure la valeur et la place de ce sport dans le pays.

L’histoire seule ne joue pas les matchs, et la gloire ne se transmet pas automatiquement. L’équipe nationale ne retrouvera sa grandeur que si un projet solide est construit dès aujourd’hui. Sinon, il faudra se résigner à compter les participations et les déceptions plutôt que les succès.
Le temps n’attend pas, et la patience des supporters non plus. L’Algérie doit choisir : investir dans une véritable refondation du handball ou accepter que la discipline devienne un souvenir du passé, cantonnée à de vagues nostalgies et à des ambitions non réalisées.

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