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CAN féminine 2026 : Polémique autour de l’organisation

par B. Elias
CAN féminine 2026 : Polémique autour de l’organisation

À un mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, l’annonce surprise de l’Afrique du Sud a semé la confusion dans le paysage footballistique continental.
Entre déclarations hâtives, démentis officiels et silence de la CAF, l’incertitude plane toujours autour du pays hôte d’une compétition appelée à marquer un tournant pour le football féminin africain.

La polémique est née d’une déclaration inattendue de la vice-ministre sud-africaine des Sports, Mme Peace Mabe, en marge de la cérémonie des Awards de la Super League féminine. Devant un parterre de dirigeants, de joueuses et d’acteurs du football local, la responsable gouvernementale a affirmé que l’Afrique du Sud allait organiser la CAN féminine 2026 à la place du Maroc.

Une annonce fracassante, d’autant plus surprenante que le tournoi est officiellement programmé à partir du 17 mars prochain sur le sol marocain, et que les préparatifs semblaient entrer dans leur phase finale. Selon Mme Mabe, une opportunité se serait présentée et son pays l’aurait saisie sans hésiter, évoquant des infrastructures prêtes et un soutien institutionnel solide.
Elle a même laissé entendre que le Maroc aurait signifié son incapacité à accueillir la compétition. Ces propos ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des médias africains, déclenchant un flot de réactions, entre incompréhension, scepticisme et interrogations sur un éventuel désistement marocain.

Pourtant, quelques heures plus tard, le ministère sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture est monté au créneau pour tempérer ces déclarations. Dans un communiqué signé par le ministre Gayton McKenzie, les autorités ont tenu à clarifier la situation, affirmant que les propos de la vice-ministre avaient été mal interprétés. Selon ce texte, aucune décision officielle n’a été prise concernant un changement de pays hôte, et le Maroc demeure, à ce stade, l’organisateur désigné par la Confédération africaine de football.

Démenti officiel, incertitude réelle
Le communiqué précise que l’Afrique du Sud n’a fait qu’exprimer sa disponibilité à soutenir la CAF dans le cadre d’une planification préventive, une pratique courante dans l’organisation de grands événements sportifs. En clair, Pretoria se tiendrait prête à intervenir en cas de défaillance de l’hôte initial, sans que cela ne constitue une annonce formelle.
Le ministère sud-africain insiste également sur le fait qu’aucune procédure n’a été enclenchée par la CAF et qu’aucune notification officielle n’a été adressée à son gouvernement. Ce rétropédalage n’a toutefois pas suffi à dissiper totalement le doute.

Le silence prolongé de la Fédération marocaine et de la CAF alimente les spéculations, d’autant que ce flou intervient dans un contexte délicat. Les rumeurs évoquent un possible lien avec les sanctions infligées à la fédération marocaine à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025, perdue face au Sénégal.
Bien qu’aucune confirmation ne vienne étayer cette hypothèse, elle contribue à entretenir un climat de suspicion. L’histoire récente rappelle que le Maroc n’en est pas à sa première volte-face en matière d’organisation de compétitions continentales.

En 2015, le royaume avait renoncé à accueillir la CAN masculine en raison de l’épidémie d’Ebola, contraignant la CAF à confier l’événement à la Guinée équatoriale dans l’urgence. Plus récemment, en 2021, la CAN U17 prévue au Maroc avait été annulée à quelques jours de son lancement, cette fois en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Autant d’épisodes qui expliquent pourquoi la moindre rumeur de désistement suscite une vive inquiétude.
Pour la CAF, l’enjeu est considérable. La CAN féminine 2026 est appelée à franchir un cap en termes de visibilité, d’organisation et de professionnalisation. Un changement d’hôte à quelques semaines du coup d’envoi constituerait un défi logistique majeur, mais aussi un risque d’image pour l’instance continentale.

L’Afrique du Sud, forte de ses infrastructures modernes et de son expérience dans l’accueil de grands événements, se présente comme une alternative crédible, mais un tel basculement ne saurait se faire sans un processus formel et transparent. En attendant une communication officielle, joueuses, staffs et sélections nationales restent dans l’expectative.
La préparation sportive, la logistique des déplacements et l’organisation des camps d’entraînement dépendent directement de la stabilité du cadre. À ce stade, seul un éclaircissement rapide de la CAF permettra de lever le voile sur une situation devenue confuse. Entre rumeurs persistantes et démentis prudents, la question demeure entière : la CAN féminine 2026 se jouera-t-elle bien au Maroc, ou l’Afrique du Sud se prépare-t-elle à un nouveau coup de théâtre ?

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