Le club saoudien d’Al-Ittihad Djeddah traverse une période délicate marquée par une instabilité sportive croissante, alimentée par le départ de plusieurs figures majeures de son effectif.
Après les transferts retentissants de Karim Benzema vers Al-Hilal et de N’Golo Kanté vers le club turc de Fenerbahçe lors du mercato hivernal, de nouveaux nuages s’amoncellent au-dessus de l’institution jaune et noire. Selon la presse portugaise, d’autres cadres pourraient bientôt suivre le même chemin, mettant en péril non seulement l’équilibre de l’équipe, mais également la crédibilité du projet ambitieux de la Saudi Pro League.
Le quotidien portugais A Bola a tiré la sonnette d’alarme en soulignant que l’Ittihad de Djeddah pourrait être l’un des clubs les plus affectés par cette dynamique de départs successifs.
Le journal évoque un véritable risque pour le projet du championnat saoudien, lancé il y a plusieurs saisons et propulsé sur le devant de la scène internationale avec l’arrivée de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr.
Ce projet, fondé sur l’attraction de stars mondiales et le renforcement de la compétitivité locale, semble aujourd’hui confronté à ses premières limites structurelles.
Au cœur de ces inquiétudes figure le nom de Houssem Aouar, international algérien et l’un des joueurs les plus techniques de l’effectif d’Al-Ittihad. Recruté pour incarner un profil créatif capable de faire le lien entre le milieu et l’attaque, Aouar continue de susciter un vif intérêt de la part de clubs européens désireux de le rapatrier sur le Vieux Continent. Son cas illustre parfaitement le dilemme auquel font face les clubs saoudiens : attirer des joueurs à fort potentiel européen sans toujours parvenir à les retenir sur le long terme.
Sur le plan sportif, Houssem Aouar affiche pourtant des statistiques honorables. En 16 apparitions toutes compétitions confondues avec Al-Ittihad, le milieu algérien a inscrit quatre buts et délivré une passe décisive, confirmant son importance dans le dispositif de l’équipe. Toutefois, ces performances pourraient paradoxalement renforcer l’intérêt des clubs européens, toujours attentifs aux joueurs capables de s’illustrer dans des contextes différents.
Le départ de Benzema et Kanté a déjà laissé un vide symbolique et technique considérable. Ces deux champions du monde représentaient bien plus que de simples renforts sportifs : ils incarnaient l’image internationale du club et la vitrine du football saoudien à l’étranger. Leur sortie rapide du projet soulève des interrogations sur la capacité des clubs à offrir un environnement sportif durable, compétitif et attractif à long terme.
En définitive, la situation actuelle d’Al-Ittihad Djeddah pourrait servir de test grandeur nature pour la Saudi Pro League. Si le championnat veut s’imposer comme une destination crédible et stable, il devra dépasser la logique de recrutement à court terme et construire des projets sportifs solides, capables de retenir les talents au-delà de l’attrait financier.
Le cas de Houssem Aouar, entre ambition européenne et expérience saoudienne, sera à ce titre particulièrement révélateur dans les mois à venir.