Accueil AFRIQUEA moins de 3 semaines de la CAN-2025 : Les sélections africaines remontés contre la FIFA

A moins de 3 semaines de la CAN-2025 : Les sélections africaines remontés contre la FIFA

par B. Elias
A moins de 3 semaines de la CAN-2025 : Les sélections africaines remontés contre la FIFA

À moins de trois semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue du 21 décembre au 18 janvier au Maroc, les sélections du continent se trouvent plongées dans une situation délicate.
En cause : une décision surprise de la FIFA, qui a profondément perturbé les programmes de préparation soigneusement établis depuis des mois.

En effet, la FIFA vient d’annoncer que les clubs ne seraient obligés de libérer leurs joueurs qu’à partir du 15 décembre, soit une semaine plus tard que la période de mise à disposition habituelle.
Cette modification signifie que les sélectionneurs, qui comptaient initialement accueillir leurs joueurs autour du 8 décembre, devront désormais composer avec un temps de préparation extrêmement réduit.

Selon l’instance mondiale, la décision a été prise en concertation avec la Confédération africaine de football (CAF) et d’autres acteurs concernés, afin de “réduire l’impact sur les différentes parties”. Une explication qui n’a pas suffi à désamorcer les critiques.

Des stages chamboulés dans toute l’Afrique
Les répercussions ont été immédiates : Le Sénégal a annulé son stage prévu en Tunisie. l’Angola, la RD Congo, le Mozambique et la Côte d’Ivoire, tenante du titre, doivent revoir leurs plans en Espagne et au Portugal. De nombreuses rencontres amicales programmées avant la compétition risquent tout simplement d’être annulées.

Le sélectionneur de l’Angola, Patrice Beaumelle, n’a pas caché sa frustration : « Depuis la dernière trêve internationale, nous peaufinons notre préparation. Nous voulions lancer le stage le 8 décembre dans l’Algarve (sud du Portugal), j’y suis allé il y a un mois et demi pour tout organiser. Aujourd’hui, tout est remis en question. »
Il rappelle également que son équipe doit être au Maroc dès le 18 décembre pour préparer son entrée en lice le 22, ce qui réduit drastiquement la marge de manœuvre.
Même son de cloche du côté du Gabon. Son sélectionneur, Thierry Mouyouma, explique : « Nous voulions disputer deux matchs amicaux les 14 et 18 décembre, mais nous ne pouvons désormais en jouer qu’un seul, face à un adversaire encore inconnu. »

Les joueurs africains encore pénalisés ?
Cette décision rappelle le dispositif mis en place avant la Coupe du monde 2022 au Qatar, où la période de libération avait également été compressée. Mais pour plusieurs techniciens africains, cela s’apparente à un manque de considération. Le sélectionneur du Mali, Tom Saintfiet, s’est montré particulièrement critique : « Cela démontre un manque de respect pour le football africain. Les clubs européens semblent toujours être la priorité pour la FIFA. »
Les entraîneurs regrettent également le timing tardif de l’annonce, alors que les dates de la CAN avaient été fixées depuis juin 2024, laissant théoriquement à la FIFA une large fenêtre pour anticiper.

Une préparation réduite à une peau de chagrin
Avec un temps d’entraînement minimal, des matchs amicaux compromis et des déplacements à réorganiser, les sélectionneurs devront improviser et optimiser chaque heure passée au contact de leurs joueurs.
Une équation complexe, surtout pour les équipes dont l’ossature est composée de nombreux expatriés évoluant en Europe, comme c’est le cas, du reste, pour la sélection algérienne. Mais au-delà du désordre logistique, cette situation relance un débat plus profond et récurrent : la place du football africain dans les priorités du calendrier international.

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