Malgré les efforts considérables consentis ces dernières années par les pouvoirs publics pour doter le football algérien de stades de hautes factures, force est de constater que ces efforts ne sont pas suivis par un bon entretien des pelouses naturelles des nouveaux joyaux du sport roi du pays.
C’est le cas de la pelouse du stade Ali-Amar de Douera, devenu la nouvelle forteresse du MC Alger. Cette pelouse fait aujourd’hui l’objet de vives inquiétudes. Jadis présentée comme un équipement sportif moderne, elle montre désormais des signes évidents de fatigue, de jaunissement et de dégradation prématurée. Une situation qui soulève plusieurs questions, notamment sur les méthodes d’entretien mises en œuvre depuis son inauguration.
Au cœur des critiques, un point revient avec insistance : On laisse entendre que le personnel chargé de l’entretient de la pelouse userait de l’eau du robinet pour l’arrosage, une pratique qui, selon plusieurs spécialistes de l’entretien des gazons sportifs, peut sérieusement compromettre la qualité d’une pelouse professionnelle.
Contrairement à l’eau traitée ou à l’eau recyclée, l’eau potable contient souvent un niveau de chlore, de calcaire et de sels minéraux qui, cumulés, finissent par stresser le gazon, altérer la structure du sol et réduire sa capacité d’oxygénation.
Ce problème n’est pas propre au stade de Douera, mais il illustre de manière flagrante ce qui se produit lorsque des normes d’entretien internationalement reconnues ne sont pas respectées. Une pelouse sportive exige en effet un protocole précis : irrigation contrôlée, eau filtrée ou adaptée, suivi agronomique, fertilisation équilibrée et plan de maintenance régulier. Sans ces mesures, même la meilleure installation finit par se dégrader rapidement.
Aujourd’hui, l’état du gazon du stade de Douera rappelle à quel point un simple détail technique peut avoir des conséquences majeures. Les responsables sont désormais placés devant un impératif : revoir d’urgence la stratégie d’entretien afin d’éviter que la situation ne s’aggrave et pour garantir aux joueurs un terrain digne des standards sportifs. La question demeure : s’agira-t-il d’un simple ajustement technique ou faudra-t-il entreprendre une réhabilitation complète de la pelouse ? Quoi qu’il en soit, l’expérience démontre déjà une chose : arroser une pelouse professionnelle avec de l’eau du robinet n’est jamais anodin, et Douera en paie aujourd’hui le prix.