Paradoxal destin que celui de Adil Boulbina. Attaquant redoutable, meilleur buteur du championnat national la saison passée, le jeune joueur se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat enflammé : pourquoi le football algérien semble-t-il ignorer l’une de ses plus belles révélations récentes ?
Il y a quelques jours, lors d’un gala organisé à Paris par un site spécialisé algérien, un détail n’est pas passé inaperçu : l’attaquant n’a tout simplement pas été mentionné, ni parmi les joueurs distingués ni même dans les discussions annexes.
Un silence lourd, d’autant plus surprenant que Boulbina sort d’une saison exceptionnelle, récompensée par un titre de meilleur buteur. Dans la communauté sportive, certains y ont vu une forme de marginalisation, une absence incompréhensible dans un événement censé célébrer la performance algérienne. Ironie du sort : c’est de l’autre côté de la Méditerranée que Boulbina trouve aujourd’hui reconnaissance et respect.
En Égypte, plusieurs médias se sont enflammés à son sujet après ses récentes performances, ,notamment lors du match amical entre l’Algérie A’ et l’Egypte A’ au Caire. Le club du Zamalek SC, l’un des monuments du football africain, a publiquement regretté de ne pas avoir pu le recruter.
Dans la presse cairote, certains journalistes sont allés jusqu’à qualifier le joueur de « talent exceptionnel », capable – selon eux – de « valoir quatre ou cinq joueurs à lui seul ».
Un enthousiasme qui contraste brutalement avec le traitement discret qu’il reçoit en Algérie.
Pourquoi est-il écarté de l’équipe nationale ?
La question taraude supporters et observateurs : pour quelles raisons Boulbina n’est-il pas appelé en équipe nationale A ? Sportivement, les arguments ne manquent pas en faveur de l’attaquant. Son profil athlétique et explosif rappelle celui de Mohamed Amoura, et plusieurs techniciens jugent qu’il offre aujourd’hui bien plus de garanties que Baghdad Bounedjah, pourtant toujours sélectionné.
Faute d’éléments officiels, le public sportif algérien ne peut que constater un décalage entre la performance du joueur et la reconnaissance qu’il mérite.
Un avenir qui pourrait faire taire les doutes
Une chose reste certaine : Boulbina, néo-joueur du club qatari d’Al-Duhail, progresse, monte en puissance et s’impose match après match comme l’un des attaquants les plus prometteurs du pays.
Dans un contexte où l’équipe nationale cherche encore un nouveau souffle offensif, ignorer un tel potentiel pourrait bien s’avérer être une erreur stratégique, estiment les spécialistes.
L’histoire du football algérien a déjà montré que les talents négligés finissent souvent par s’imposer ailleurs, parfois loin de leur terre natale. L’enfant de Jijel semble faire partie de cette trempe de joueurs prêts à renverser les obstacles par leur seul mérite.
À l’heure où l’Algérie s’interroge sur l’avenir de sa sélection, il serait regrettable de laisser filer une pépite dont tout le monde reconnaît la valeur… sauf peut-être ceux qui devraient la soutenir en premier.