Les déclarations de l’entraîneur de la sélection sénégalaise, faite la veille de la finale qui opposera ce soir son équipe face son homologue du pays hôte, le Maroc, résonnent comme un signal d’alarme dans un contexte déjà tendu.
En saluant unanimement le CHAN organisé en Algérie (2023), qualifié de « remarquable à tous les niveaux » grâce à une organisation rigoureuse, des conditions idéales et une image valorisante pour le football africain, le technicien sénégalais dresse un contraste saisissant avec la situation qui a prévalu au Maroc tout au long de la compétition.
Son refus volontaire d’entrer dans les détails sur ce qui s’est passé, renvoyant aux prises de position claires de la Fédération sénégalaise, n’est pas un silence anodin. Il s’agit d’un non-dit lourd de sens, renforcé par une déclaration particulièrement grave : les événements récents mettraient en danger l’image du continent africain dans son ensemble. Une telle affirmation, venant d’un sélectionneur respecté sur la scène africaine, ne peut être balayée d’un revers de main.
Mais l’aspect le plus préoccupant dépasse largement le cadre sénégalais. Comme le souligne l’avis critique qui a suivi ces propos, les protestations et contestations ne proviennent pas uniquement de l’Algérie. Plusieurs fédérations et sélections ont, elles aussi, exprimé leur mécontentement.
Ce constat affaiblit considérablement le discours officiel, y compris celui du président de la CAN, Patrice Motsepe, qui vante une « meilleure édition de l’histoire ». Lorsqu’une compétition censée être une vitrine du football africain accumule plaintes, soupçons de partialité et controverses organisationnelles, la communication institutionnelle se heurte inévitablement à la réalité du terrain.
Pire encore, certains observateurs n’hésitent plus à qualifier cette édition comme la plus mauvaise, voire la plus indigne, en matière d’organisation et d’équité. La comparaison avec la CAN (2022) au Cameroun est particulièrement révélatrice : malgré des moyens limités et de nombreuses difficultés logistiques, jamais le football africain n’avait connu une telle avalanche de réclamations et de scandales. Cela pose une question fondamentale sur les critères réels d’évaluation d’une compétition continentale.
La vérité, aussi dérangeante soit-elle, semble désormais difficile à masquer. Les tentatives de polir l’image et d’imposer un récit officiel positif se heurtent à une accumulation de faits, de témoignages et de réactions concordantes. À travers ces déclarations et ces critiques, c’est la crédibilité même des instances et des discours promotionnels qui est mise à l’épreuve.
Et pour le football africain, l’enjeu dépasse largement une simple compétition : il s’agit de préserver l’équité, la transparence et l’image d’un continent qui aspire à être respecté sur la scène mondiale.