Avec vingt participations à la Coupe d’Afrique des nations, l’Algérie fait partie des nations historiques du football continental.
Derrière ce chiffre se cache un parcours riche, contrasté, parfois glorieux, parfois décevant, marqué par des générations différentes et surtout par une succession de sélectionneurs aux contextes et aux missions très variés. Après le coup d’envoi d’une nouvelle CAN, qui se déroule au Maroc, il est utile de se pencher sur la trajectoire des Verts à travers ceux qui les ont dirigés.
Un palmarès respectable mais irrégulier
Depuis sa première participation, la sélection algérienne a remporté deux titres continentaux, en 1990 à domicile sous la conduite d’Abdelhamid Kermali, puis en 2019 en Égypte avec Djamel Belmadi. Entre ces deux sacres, les Verts ont également atteint une finale en 1980, décroché deux troisièmes places (1984 et 1988) et deux quatrièmes places (1982 et 2010).
En revanche, l’Algérie a connu de nombreuses désillusions, avec quatre éliminations en quarts de finale (1996, 2000, 2004 et 2015) et surtout neuf sorties prématurées dès la phase de groupes (1968, 1986, 1992, 1998, 2002, 2013, 2017, 2022 et 2024). Un chiffre qui illustre la difficulté pour les Verts à maintenir une constance sur la durée.
En vingt éditions de la CAN, l’Algérie a disputé 80 matches, pour un bilan parfaitement équilibré : 28 victoires, 28 défaites et 24 matches nuls. Les Verts ont inscrit 97 buts et en ont concédé 93, confirmant des parcours souvent serrés, où l’efficacité a parfois fait défaut dans les moments clés.
Petković, 14e sélectionneur des Verts en CAN
L’actuelle édition marque une nouvelle page avec Vladimir Petković, qui devient le 14e sélectionneur à diriger l’Algérie en Coupe d’Afrique des nations. Il est également le sixième entraîneur étranger, après les Français Lucien Leduc et Christian Gourcuff, le Russe Rogov, le Bosnien Vahid Halilhodžić et le Belge Georges Leekens.
Un fait marquant ressort de l’histoire : les deux titres continentaux algériens ont été remportés sous la houlette de sélectionneurs nationaux, Abdelhamid Kermali en 1990 et Djamel Belmadi en 2019, un élément souvent rappelé dans le débat sur l’identité et la continuité du projet sportif.
Les sélectionneurs de la longévité
Trois entraîneurs ont dirigé l’Algérie lors de trois éditions de la CAN. Il s’agit de Mahieddine Khalef (1980, 1982 et 1984), Rabah Saâdane (1986, 2004 et 2010) et Djamel Belmadi (2019, 2022 et 2024). Leur longévité témoigne de périodes où la fédération a misé sur la stabilité, avec des résultats variables selon les contextes.
Abdelhamid Kermali a, pour sa part, dirigé les Verts lors de deux éditions (1990 et 1992), tandis que les autres sélectionneurs – Leduc, Rogov, Fergani–Abdelouahab, Mehdaoui, Sendjak, Madjer, Halilhodžić, Gourcuff et Leekens – n’ont connu qu’une seule participation.
Khalef, Belmadi et Kermali : les chiffres forts
Mahieddine Khalef reste le sélectionneur ayant dirigé le plus de matches en CAN, avec 15 rencontres, devant Belmadi et Saâdane (13 matches chacun), puis Kermali (7 matches). Khalef détient également le record du plus grand nombre de victoires cumulées (7), preuve de la compétitivité des Verts durant les années 1980.
Djamel Belmadi, lui, se distingue par un record unique : six victoires lors d’une seule édition, en 2019, symbole d’un parcours maîtrisé de bout en bout. Abdelhamid Kermali demeure toutefois le seul sélectionneur à avoir remporté l’intégralité de ses matches lors d’une CAN, avec un impressionnant cinq succès en cinq rencontres en 1990.
Sur le plan offensif, l’Algérie a inscrit le plus de buts sous Khalef (19 buts en trois participations), devant Belmadi (17 buts) et Kermali (14 buts). Sur une seule édition, les records reviennent à Kermali (13 buts en 5 matches en 1990) et à Belmadi (13 buts en 7 matches en 2019).
Les périodes noires
Quatre sélectionneurs n’ont jamais réussi à gagner le moindre match en Coupe d’Afrique des nations : Mehdaoui (1998), Rabah Madjer (2002), Vahid Halilhodžić (2013) et Georges Leekens (2017). Ces éditions restent parmi les plus décevantes de l’histoire récente des Verts.
Rabah Saâdane détient, quant à lui, des statistiques plus lourdes : il est le sélectionneur ayant concédé le plus de défaites au total (6 défaites en 13 matches) et le plus grand nombre de buts encaissés (20), dont 10 lors de la seule édition 2010, particulièrement douloureuse.
Ces données, aussi précises soient-elles, doivent être placées dans leur contexte. Chaque sélectionneur a travaillé dans une époque différente, avec des moyens, des générations de joueurs et des niveaux de concurrence qui n’étaient pas comparables. Les chiffres servent avant tout à documenter l’histoire du football algérien, et non à établir un classement définitif entre les entraîneurs. Avec cette nouvelle aventure continentale, cette rétrospective rappelle une chose essentielle : la Coupe d’Afrique des nations reste une compétition imprévisible, exigeante, où la réussite dépend autant de la qualité du sélectionneur que de la stabilité, de la préparation et de la capacité à gérer la pression du très haut niveau.