Il y a quelques semaines à peine, Madjid Bougherra était porté en triomphe par les supporters et les analystes. Sa brillante entrée en lice avec l’équipe nationale des joueurs locaux, ponctuée par une victoire convaincante 3-0 contre l’Ouganda lors de son premier match de l’actuelle édition du CHAN, semblait confirmer son statut de technicien prometteur et fin stratège.
Pourtant, en l’espace de trois matchs nuls, la dynamique s’est brusquement inversée : le sélectionneur est désormais sous le feu des critiques.
Le match nul face à une solide équipe sud-africaine a d’abord semé le doute. Certains ont commencé à questionner ses choix tactiques, d’autres ont mis en cause la composition de l’équipe de départ. Puis vint le match contre la Guinée, où les Verts ont peiné face à un adversaire déterminé à l’emporter. Enfin, le troisième nul contre le Niger, déjà éliminé mais particulièrement inspiré ce jour-là, a fini par faire monter la pression sur le staff technique. Le doute s’est installé dans les esprits, au point de remettre en question la légitimité de Bougherra à la tête de la sélection.
La critique fait partie intégrante du sport de haut niveau. Elle est même saine lorsqu’elle est constructive. Cependant, franchir la ligne en mettant en cause la compétence d’un entraîneur qui a récemment mené son équipe à la victoire en Coupe arabe et à une finale du CHAN, frôlant le sacre, semble précipité, voire injuste. Rappelons qu’un simple tir au but manqué — celui de Mahious — a privé l’Algérie d’un titre continental historique.
Certes, le bilan des trois derniers matchs n’est pas à la hauteur des attentes. Trois nuls consécutifs ont forcément entamé la confiance du public. Mais réduire l’analyse à une suite de résultats sans considérer la qualité du jeu, les absences, la pression de la compétition ou les performances adverses, c’est faire abstraction de la complexité du football de haut niveau.
Malgré cette série frustrante, tout n’est pas perdu. L’Algérie reste une équipe solide, bien structurée, capable de se relever dans les moments clés. Le prochain défi, face au Soudan, s’annonce difficile, mais pas insurmontable. Cette équipe a déjà prouvé qu’elle pouvait élever son niveau lorsqu’elle est dos au mur.
Et si Bougherra menait finalement l’Algérie en finale, voire au sacre ? Faudra-t-il rappeler à ce moment-là les mêmes critiques virulentes qui lui étaient adressées quelques jours plus tôt ? Le football, par nature, est un sport d’émotions et de retournements. Mais il serait plus juste d’adopter une vision équilibrée, qui reconnaît les échecs sans oublier les succès passés.
Les supporters des Verts ont le droit d’être exigeants, mais aussi le devoir de rester justes. Madjid Bougherra assumera pleinement ses choix, comme il l’a toujours fait. En attendant, il mérite notre soutien. Car dans les grandes compétitions, c’est souvent dans l’adversité que se forgent les plus belles victoires.
L’Algérie peut encore écrire une page inédite de son histoire dans ce CHAN. Et pourquoi ne pas rêver, ensemble, d’un premier sacre dans cette compétition continentale ?