Accueil A LA UNEEscroquerie présumée à l’AC Ajaccio : Belaïli pointé du doigt

Escroquerie présumée à l’AC Ajaccio : Belaïli pointé du doigt

par B. Elias
Escroquerie présumée à l'AC Ajaccio : Belaïli pointé du doigt

Ancien joueur de l’AC Ajaccio, Youcef Belaïli se retrouve à nouveau au cœur d’une affaire qui dépasse le simple cadre sportif. Plus de deux ans après son départ du club corse, son nom refait surface dans une polémique judiciaire et administrative aux conséquences potentiellement dramatiques pour l’ACA.

Dans une lettre ouverte adressée à Gianni Infantino, président de la FIFA, Ajaccio dénonce une décision rendue en juillet 2025 par l’instance mondiale du football.

Celle-ci impose au club de régler la somme de 380 000 € au joueur algérien, sur la base d’un document que l’ACA qualifie de « faux manifeste ». Pour la direction corse, il s’agit d’une véritable « escroquerie organisée » qui pourrait précipiter la disparition d’un club centenaire.

Le litige remonte à avril 2023, lorsque le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait condamné Youcef Belaïli à verser 380 000 € à son ancien club, Al-Ahli Saudi FC. Cette somme représentait une pénalité contractuelle liée à son passage en Arabie saoudite, et non à son aventure ajaccienne.

Pourtant, en 2024, Belaïli avait saisi la FIFA en affirmant qu’un accord tripartite liait l’ACA et Al-Ahli, accord par lequel Ajaccio se serait engagé à régler cette dette.

Le 11 juillet 2025, la FIFA tranchait en faveur du joueur, donnant ainsi raison à sa requête. Depuis, Ajaccio se retrouve frappé d’une interdiction de recruter, ce qui met en péril non seulement sa saison sportive mais aussi sa survie institutionnelle.

Un document contesté de toutes parts
Le point central de la polémique est ce protocole d’accord présenté par « le clan Belaïli ». Selon Ajaccio, il s’agit d’un faux. Trois arguments principaux sont avancés : d’abord, Al-Ahli a nié l’existence du document et démenti la qualité de son prétendu signataire.

Ensuite, Alain Caldarella, ancien directeur général de l’ACA, a déposé plainte pour faux et usage de faux, assurant n’avoir jamais signé un tel texte.

Enfin, les Corses rappellent qu’un tel accord n’avait jamais été évoqué lors du jugement du TAS en 2023, qui avait pourtant analysé le différend entre Belaïli et Al-Ahli. Pour Ajaccio, les faits sont clairs : le document a été fabriqué afin de détourner près de 400 000 € au détriment du club.

Une direction nouvelle, un héritage lourd
Autre élément aggravant pour les Ajacciens : la décision de la FIFA est devenue définitive sans que l’ancienne direction du club n’ait entrepris de défense. La nouvelle gouvernance, installée le 8 septembre 2025, affirme avoir hérité d’un dossier catastrophique, sans possibilité de recours dans les délais impartis. Les dirigeants actuels disent avoir aussitôt alerté la FIFA et transmis des preuves de falsification. Mais ils se heurtent, selon eux, à un « mur administratif » : la rigueur des délais l’emporte sur la prise en compte des nouveaux éléments.

Vers une bataille judiciaire ?
Face à ce blocage, l’ACA a saisi la justice française. Une plainte pénale a été déposée auprès du procureur de la République d’Ajaccio pour faux, usage de faux et escroquerie.

Le club espère que cette procédure permettra de remettre en cause la décision sportive et de lever l’interdiction de recruter, qui menace son avenir.

Dans sa lettre ouverte, le bureau de l’AC Ajaccio insiste sur la gravité de la situation : « Soit nous réglons la somme de 380 000 €, soit notre club centenaire disparaît », écrivent-ils.

Une alternative dramatique, dénoncée comme un non-sens par une institution qui se dit attachée aux valeurs d’équité et de transparence.

Cette affaire soulève plusieurs interrogations. Comment un document contesté par les deux parties citées – Al-Ahli et l’ancien dirigeant ajaccien – a-t-il pu servir de fondement à une décision de la FIFA ? Pourquoi l’ancienne direction du club n’a-t-elle pas pris ses responsabilités à temps ? Et surtout, quel rôle exact a joué Youcef Belaïli, dont le nom se retrouve à nouveau lié à une polémique extra-sportive ? Une chose est sûre : au-delà de la carrière d’un joueur, c’est l’avenir d’un club historique et d’une ville entière qui se joue désormais dans les bureaux de la FIFA et des tribunaux.

Ajaccio survivra-t-il à cette tempête judiciaire ou l’affaire Belaïli précipitera-t-elle la fin d’un club centenaire ?

Vous aimerez peut-être aussi

Laisser un commentaire