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Fin d’un mercato algérien tumultueux : Mensonges, manœuvres et transgressions des nouvelles lois de la FAF

par B. Elias
Fin d’un mercato algérien tumultueux : Mensonges, manœuvres et transgressions des nouvelles lois de la FAF

Le mercato estival du championnat algérien s’est achevé dans la nuitdans la nuit du 31 août. Un mercato fait d’épisodes des plus controversés, entre dissimulations contractuelles, surenchères salariales et contournement manifeste des règlements imposés par la Fédération.

Le rideau est donc tombé sur une période de transferts qui, si elle fut l’une des plus calmes en apparence, n’en est pas moins agitée en coulisses. Derrière la relative discrétion des annonces officielles, ce sont des pratiques discutables et une série d’irrégularités qui ont marqué cette période, suscitant indignation et inquiétude parmi les observateurs et les supporters.

Des règles claires, des contournements flagrants
Depuis la saison dernière, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Walid Sadi — également ministre des Sports — a lancé une série de réformes visant à encadrer les dépenses excessives des clubs, notamment en plafonnant la masse salariale à 50 milliards de centimes par an (environ 4 millions de dollars) et en limitant le salaire mensuel des joueurs à 5 milliards de centimes (près de 40 000 dollars).

Une initiative saluée sur le papier, mais largement mise à mal par la réalité du marché. Car si les recommandations fédérales étaient censées assainir la gestion financière des clubs, certains d’entre eux ont tout simplement trouvé des moyens de les contourner. Grâce à des partenariats privés, des sponsors hors du cadre officiel, voire des contrats de sponsoring déguisés, ces clubs ont pu proposer des salaires mirobolants à leurs recrues, en échappant partiellement aux contrôles fédéraux.

Marché tardif, opacité omniprésente
Autre particularité du mercato 2025 : son extrême lenteur. Ce n’est que dans les trois derniers jours précédant sa clôture que les signatures se sont multipliées. En réalité, seules quelques grosses écuries ont animé le marché : la JS Kabylie, le MC Alger, le CR Belouizdad et, dans une moindre mesure, l’USMA.

La signature la plus médiatisée fut celle de Zinedine Ferhat, ex-joueur du SCO Angers, qui a joué avec les nerfs de plusieurs clubs durant un mois entier.

Annoncé tour à tour à la JSK, au CRB et à l’USMA, il a finalement opté pour le MC Alger le dernier jour, après avoir utilisé une stratégie de surenchère auprès des prétendants. Un jeu trouble, mais efficace, pour obtenir un salaire évalué à plus de 50 000 euros par mois.

Des joueurs opportunistes, des clubs dépassés
Ferhat n’est pas un cas isolé. D’autres noms comme Aymen Mahious, Bilel Messoudi, Fares Mellali ou encore l’international guinéen Alhassane Bangoura ont animé cette fenêtre, souvent en profitant d’un système qui manque cruellement de transparence.

Les modèles de contrats ont parfois été modifiés pour masquer certaines primes ou avantages, au détriment des règles en place. Malgré les sanctions promises par la FAF en cas de non-respect des règles — notamment l’obligation de fournir une attestation de solvabilité ou des garanties de paiement aux joueurs étrangers —, la réalité montre que ces obligations sont, dans les faits, difficilement contrôlées.

Pour les supporters, l’heure est à la désillusion. Si certains clubs semblent se renforcer, c’est souvent au prix de contorsions réglementaires et d’accords opaques. Le sentiment d’injustice est palpable, notamment chez les fans de clubs plus modestes, incapables de rivaliser avec les puissances financières déguisées des cadors du championnat.

Une désillusion populaire
Certains dénoncent un « mercato à deux vitesses », où quelques formations profitent d’un réseau d’appuis financiers bien rodés tandis que les autres peinent à boucler leur effectif.

Le mercato d’été 2025 laissera donc un goût amer. Loin d’un modèle de rigueur économique et de professionnalisation, il révèle plutôt les limites d’un système encore fragile, où les ambitions sportives prennent trop souvent le pas sur les règles d’équité.

Pour la FAF, le défi des prochains mois sera crucial : soit elle parvient à instaurer un contrôle plus strict et crédible, soit elle risque de voir son autorité durablement remise en cause.

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