À l’issue de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée au Maroc, Luca Zidane n’a pas choisi la voie des projecteurs ni celle d’un transfert précipité vers un grand club européen. Le gardien a préféré un retour discret à Grenade CF, en Liga 2, pour entamer une nouvelle phase de sa carrière placée sous le signe de la constance et de la maturité.
Son choix de représenter l’Algérie plutôt que la France a suscité de nombreux débats. Dans un football moderne où l’identité sportive dépasse souvent le cadre strictement athlétique, cette décision a été scrutée, commentée et parfois critiquée. Pourtant, Zidane a répondu de la manière la plus professionnelle qui soit : par ses performances.
Avec la sélection algérienne, il a affiché un niveau globalement stable, démontrant une progression dans la lecture du jeu et la gestion de la pression. Certes, son tournoi n’a pas été exempt d’erreurs, notamment lors du quart de finale perdu face au Nigeria (0-2). Mais ces imperfections n’ont pas effacé l’impression générale d’un gardien plus serein, plus affirmé et plus responsable dans son rôle.
Un retour à Grenade sous tension
Son retour en Andalousie n’avait rien d’évident. La direction de Grenade a exploré la possibilité de recruter un gardien concurrent durant le mercato, signe que la hiérarchie n’était pas figée. Par ailleurs, un intérêt du Dinamo Zagreb a circulé, alimentant les spéculations autour d’un éventuel départ.
Finalement, aucun mouvement majeur n’a été enregistré. Zidane est resté. Et surtout, il a su transformer cette situation en opportunité.
Depuis son retour, les statistiques plaident clairement en sa faveur : 3 victoires en 5 rencontres, un match nul contre SD Eibar, une défaite face à CD Leganés, 2 clean sheets, et le tout couronné par une place dans l’équipe type de la 24e journée après la victoire 1-0 contre le leader Racing Santander.
Ces résultats ont permis à Grenade de quitter la zone dangereuse du classement et de remonter à la 15e place sur 22 équipes. Plus encore, ils ont mis fin aux doutes concernant le poste de gardien titulaire, d’autant que la baisse de régime d’Ander Astrales durant l’absence de Zidane avait fragilisé la concurrence.
Une évolution mentale visible
Au-delà des arrêts décisifs, c’est la dimension psychologique qui retient l’attention. Luca Zidane semble aujourd’hui plus mature. Son positionnement est plus précis, sa communication avec la défense plus constante, et sa gestion des temps faibles plus intelligente. Dans un championnat aussi exigeant que la deuxième division espagnole, où chaque point compte dans la lutte pour le maintien ou la montée, ces qualités sont déterminantes.
Son passage antérieur par Real Madrid, même s’il fut discret, lui a offert une expérience précieuse du très haut niveau. Désormais, cette expérience semble se traduire par une stabilité accrue.
Une question s’impose : cette progression silencieuse peut-elle devenir le tremplin vers une place de titulaire dans l’un des cinq grands championnats européens la saison prochaine ?
Le potentiel est là. À 27 ans, un gardien entre généralement dans la phase de maturité de sa carrière. Si Zidane parvient à maintenir cette régularité, à limiter les erreurs décisives et à confirmer son leadership, son profil pourrait séduire des clubs à la recherche d’un gardien fiable, formé au plus haut niveau et déjà doté d’une expérience internationale.
L’histoire récente de Luca Zidane illustre une vérité souvent oubliée dans le football moderne : toutes les progressions ne se font pas dans le tumulte médiatique. Certaines se construisent dans l’ombre, à travers le travail quotidien, la patience et la résilience.
Son retour à Grenade n’a peut-être pas fait la une des journaux européens. Pourtant, il pourrait bien constituer le chapitre fondateur d’un nouveau départ. Un départ discret, certes — mais solidement ancré dans la performance.