Malgré un but décisif avec l’Espérance de Tunis en Ligue des champions africaine, l’international algérien, Youcef Belaïli, traverse une période sombre, où les éclats sur le terrain peinent à faire oublier les remous hors des pelouses.
Il aurait pu savourer, samedi dernier, une soirée de héros. Un but inscrit face à l’AS FAN du Niger, une qualification arrachée de haute lutte pour le tour suivant de la Ligue des champions africaine…
Mais pour le joueur de 33 ans, le répit fut de courte durée. Derrière l’euphorie passagère, une réalité plus trouble le rattrape : celle d’un joueur au talent immense, mais dont la carrière semble désormais suspendue à une suite de polémiques personnelles et judiciaires.
« Belaïli n’est pas dans de bonnes dispositions mentales. Il est difficile aujourd’hui de le considérer comme un cadre sur lequel bâtir, malgré son talent », confie, sous couvert d’anonymat, une source proche du staff de l’équipe d’Algérie. Le sélectionneur Vladimir Petkovic, arrivé en mars 2024, observe avec une inquiétude croissante les tensions qui entourent l’ailier gauche.
À quelques semaines de la fin des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026 et de la préparation à la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, l’instabilité du joueur devient un véritable casse-tête pour le technicien bosnique.
Un passé qui le rattrape
L’une des plus graves affaires en cours concerne son ancien passage à l’AC Ajaccio, où la direction du club corse a relancé un dossier judiciaire explosif. L’international algérien est accusé de falsification de documents et de manœuvres frauduleuses dans le règlement d’anciennes dettes envers le club saoudien d’Al-Ahli. L’affaire est désormais portée devant la FIFA et la justice française.
Si les accusations sont confirmées, c’est toute la carrière du joueur qui pourrait vaciller. Outre une éventuelle suspension, les sanctions pourraient ternir durablement son image auprès de l’opinion publique et des instances algériennes.
Comme si cela ne suffisait pas, la dernière trêve internationale a mis en lumière une brouille sérieuse avec son compatriote Saïd Benrahma.
Selon plusieurs témoignages issus du vestiaire, les deux hommes se seraient accrochés durant le stage ayant précédé les deux rencontres face au Botswana et à la Guinée. Une tension qui aurait même continué en ligne, à travers des échanges passifs-agressifs sur les réseaux sociaux.
« L’ambiance s’est dégradée. On sent une distance entre les anciens piliers du groupe », rapporte un proche de la Fédération. Un climat délétère que Petkovic tente tant bien que mal d’apaiser.
L’ultime épisode du feuilleton Belaïli s’est déroulé après sa mise sur le banc face au Botswana et à la Guinée. Déçu, voire vexé, le joueur aurait évoqué, selon plusieurs médias, une retraite internationale immédiate. Ce n’est que l’intervention du président de la FAF, Walid Sadi, qui aurait permis d’éteindre l’incendie, du moins en apparence.
Car le mal est plus profond. Belaïli traîne une réputation de joueur imprévisible, parfois ingérable. Et même si son pied droit reste une arme redoutable, sa capacité à fédérer et à incarner l’unité des « Verts » est aujourd’hui fortement remise en question.
Le cas du natif d’Oran divise. Certains y voient un artiste incompris, bousculé par un environnement trop rigide pour sa personnalité flamboyante. D’autres, plus critiques, estiment qu’il paie le prix de son propre comportement, oscillant entre éclats de génie et dérives répétées.
Alors que l’Algérie s’apprête à disputer deux échéances majeures, une question demeure : le football algérien peut-il encore compter sur Belaïli ? Ou est-il temps de tourner la page ?