À Tizi-Ouzou, l’heure n’est plus aux discours rassurants ni aux promesses à moyen terme.
Face à une accumulation de contre-performances sportives et à un malaise interne de plus en plus visible, l’actionnaire majoritaire, Mobilis, s’apprête à reprendre la main. La réunion du conseil d’administration de la JS Kabylie, prévue le dimanche prochain, s’annonce décisive pour l’avenir immédiat du club le plus titré d’Algérie.
Selon une source digne de foi, Mobilis compte opérer des changements profonds lors de ce conseil d’administration, programmé de longue date, mais dont l’importance s’est accentuée au fil des semaines. Les résultats jugés insuffisants, la dégradation du climat interne et la colère grandissante des supporters ont fini par convaincre le propriétaire du club qu’il était temps d’agir pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.
Sur le plan sportif, le constat est sans appel. En championnat, la JSK pointe à une modeste 8ᵉ place, à quinze points du leader, à une seule journée de la fin de la phase aller. Un retard abyssal pour un club qui ambitionnait de jouer les premiers rôles. En Coupe d’Algérie, l’élimination dès les seizièmes de finale face à l’USM El Harrach, pourtant en pleine crise depuis l’intersaison, a été vécue comme une véritable humiliation.
Le tableau continental n’est guère plus reluisant. Engagée en Ligue des champions de la CAF, la JSK n’a récolté qu’un seul point après deux journées de la phase de poules, avec en point d’orgue une lourde défaite historique au Caire face à Al Ahly (4-1). Un revers qui a laissé des traces, tant dans le vestiaire que dans les tribunes.
Mobilis exige des explications
Déçus par ce bilan de la phase aller, les responsables de Mobilis entendent profiter de la réunion de ce dimanche pour demander des explications claires aux dirigeants. Le mal qui ronge la JSK semble plus profond qu’une simple question de résultats.
Malgré la présence de joueurs expérimentés comme Boudebouz, Mahious, Messaoudi, Madani ou encore Merghem, l’équipe peine à imposer son statut, incapable même de battre le MB Rouissat, pourtant novice en Ligue 1 Mobilis. Au-delà du rectangle vert, c’est également la gestion administrative qui inquiète l’actionnaire majoritaire.
Alors que le mercato hivernal est ouvert depuis le 1ᵉʳ janvier, l’incertitude plane toujours autour des litiges en instance auprès de la FIFA. Les supporters s’interrogent sur la capacité de la direction à lever une éventuelle interdiction de recrutement, pendant que les clubs concurrents, eux, renforcent déjà leurs effectifs.
La JSK accuse aussi un retard considérable dans la résiliation des contrats des joueurs dont l’entraîneur n’a plus besoin. Cette inertie contraste avec l’urgence de la situation et accentue le sentiment de flottement qui règne au sein du club.
Résultat : les fans désertent progressivement le stade Hocine-Aït-Ahmed, dont les recettes récentes ne couvrent même plus les frais d’organisation des matchs.
Engagé à faire de la JS Kabylie l’un des meilleurs clubs d’Afrique, Mobilis ne pourra rester indifférent face à ce tableau sombre. La réunion du 11 pourrait ainsi marquer un tournant décisif. Reste à savoir si les décisions prises seront à la hauteur des attentes d’un club en quête de renaissance.