L’équipe nationale A’ a quitté, samedi soir, le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) des joueurs locaux après sa défaite aux tirs au but face au Soudan (4-2), à l’issue d’un match nul (1-1) au terme du temps réglementaire et des prolongations.
La rencontre s’est tenue dans la ville de Zanzibar, en Tanzanie, dans le cadre des quarts de finale de la 8e édition de la compétition, qui se déroule conjointement en Ouganda, Tanzanie et Kenya jusqu’au 30 août prochain.
Les attentes étaient élevées pour l’équipe dirigée par l’entraîneur Madjid Bougherra (42 ans), avec l’espoir d’aller loin dans ce tournoi continental et de décrocher le premier titre de l’histoire des « Verts », après avoir atteint les demi-finales en 2011 au Soudan, puis perdu la finale de l’édition précédente, organisée en Algérie en hiver 2023, face au Sénégal aux tirs au but.
Cependant, cette fois-ci, le parcours s’est arrêté prématurément, suscitant une grande déception parmi les supporters algériens.
L’élimination de l’équipe algérienne est le résultat de plusieurs facteurs. Après un début solide en phase de groupes avec une victoire 3-0 contre l’Ouganda, les performances ont progressivement décliné.
L’équipe a enchaîné trois matchs nuls consécutifs contre l’Afrique du Sud, la Guinée et le Niger, soulevant des questions sur l’efficacité offensive et les nombreuses occasions manquées, malgré les différentes options tentées par Bougherra en attaque.
La condition physique a également joué un rôle central dans cette baisse de régime. Les joueurs du championnat algérien ont terminé la saison 2024-2025 très tard, le 21 juin précisément, avant de disputer la finale de la Coupe d’Algérie le 5 juillet, puis d’entamer la saison suivante seulement quelques jours avant le début de la compétition continentale.
Cette pression du calendrier n’a pas permis aux joueurs de récupérer correctement, ce qui a affecté leur condition physique lors des matchs décisifs.
La défense a aussi été un point faible, notamment la charnière centrale composée d’Adam Alilet (26 ans) et Ayoub Ghazala (29 ans), qui avaient pourtant été salués lors des deux premiers matchs.
Leur niveau a ensuite fortement baissé, comme en témoignent les erreurs commises face au Soudan, qui ont conduit à l’encaissement d’un but. L’addition aurait pu être plus lourde sans le manque de réalisme des attaquants soudanais.
Bougherra n’était pas non plus dans une situation confortable sur le plan des choix, ayant perdu plusieurs joueurs clés avant le début de la compétition, tels que les jeunes Adil Boulbina (22 ans), transféré à Al-Duhail, et Redouane Berkane (22 ans), parti à Al-Wakrah au Qatar, ainsi que Akram Bouras (25 ans) du MC Alger, qui a déclaré forfait pour cause de blessure. Ces absences ont nui à l’équilibre de l’équipe et limité les alternatives disponibles.
Les conditions difficiles vécues par les Verts depuis leur arrivée à Zanzibar ont aggravé la situation. Leur vol a connu un retard, ils ont été retenus sans justification à l’aéroport, et leur dernière séance d’entraînement s’est déroulée dans l’obscurité à cause d’une coupure d’électricité de plusieurs heures.
Ces circonstances ont perturbé la préparation mentale et morale de l’équipe, compromettant ses chances dans un match aussi crucial que ce quart de finale.
Ainsi se termine l’aventure de l’équipe algérienne des locaux dans ce CHAN 2025 sur une nouvelle désillusion, alors que les supporters rêvaient de voir leur équipe décrocher enfin le trophée.
Cette élimination devrait ouvrir la voie à un vaste débat sur l’avenir de la sélection locale, sur l’utilité de sa participation à ces compétitions compte tenu de la pression exercée sur les joueurs entre la fin de leurs saisons nationales et les échéances africaines, ainsi que sur la nécessité de reconstruire et d’évaluer en profondeur l’équipe afin d’éviter la répétition des mêmes erreurs à l’avenir.