À quelques jours d’un match décisif de Ligue des Champions, une vive polémique a éclaté entre le Mouloudia d’Alger et le FC Fassell du Liberia. Le club visiteur a dénoncé un « manque d’accueil » à son arrivée à Alger, tandis que le MCA a aussitôt répliqué en dénonçant une mise en scène et une manipulation médiatique.
Cette controverse rappelle d’autres épisodes houleux dans l’histoire des compétitions africaines, où le hors-terrain a parfois pesé autant que les performances sportives.
La nouvelle est tombée comme une étincelle dans un climat déjà chargé. Ce mardi, le média « Lib Bleacher Sports » a rapporté que l’équipe du FC Fassell, attendue pour disputer son match retour contre le MC Alger, se serait retrouvée bloquée à l’aéroport d’Alger en raison de problèmes de visa.
L’information a pris de l’ampleur lorsqu’il a été précisé que les joueurs libériens dormaient sur le sol, faute de solution, et qu’aucun représentant du MCA n’avait fait le déplacement pour les accueillir.
La version du club libérien se voulait alarmante : selon ses dirigeants, le contraste avec l’accueil réservé aux Algériens lors du match aller à Monrovia était flagrant.
Le FC Fassell a même saisi la Confédération africaine de football (CAF) pour dénoncer ce qu’il qualifie de « négligence » de la part du Mouloudia et des autorités locales.
Un scénario qui a rapidement fait réagir l’opinion publique, d’autant plus que le match aller s’était soldé par un nul vierge (0-0), laissant le suspense entier pour l’issue de la confrontation.
La réplique du MCA
Face à l’emballement médiatique, le MC Alger n’a pas tardé à donner sa version des faits. Une source interne au club a catégoriquement rejeté les accusations libériennes, parlant de « fake news ».
Selon cette même source, « trois responsables du MCA étaient bel et bien présents à l’aéroport, accompagnés du représentant de la FAF ».
Le problème viendrait plutôt du côté du FC Fassell, qui aurait tardé à régler ses démarches administratives et tenté d’imposer la présence de deux journalistes supplémentaires qui ne figuraient pas sur la liste officielle.
Le Doyen insiste : il n’y a eu aucun manquement de son côté, et cette polémique n’est rien d’autre qu’une tentative de déstabilisation avant le rendez-vous crucial de samedi. Dans les rangs mouloudéens, l’affaire est prise avec sérieux mais aussi avec un certain détachement, le club préférant se concentrer sur l’objectif sportif.
Des antécédents dans l’histoire africaine
Si cette querelle peut surprendre les supporters, elle n’est pas nouvelle dans l’univers du football africain. À plusieurs reprises, des clubs se sont accusés mutuellement de négligence ou de manœuvres destinées à perturber l’adversaire.
Dans les années 1990 déjà, certaines équipes maghrébines ou ouest-africaines dénonçaient des « accueils glacials » à leur arrivée, allant parfois jusqu’à évoquer des retards volontaires de bus, des problèmes d’hébergement ou de logistique.
Plus récemment, la CAF a dû arbitrer des litiges similaires entre clubs égyptiens et soudanais, ou encore entre formations nigérianes et ghanéennes, où les accusations de sabotage ont parfois dépassé l’enjeu sportif.
Dans ce contexte, l’affaire Fassell-MCA s’inscrit dans une longue tradition de polémiques qui nourrissent les compétitions interclubs. Bien souvent, ces querelles prennent de l’ampleur médiatique, mais finissent par s’estomper dès que le ballon roule à nouveau.
Cette polémique s’ajoute à une rencontre déjà capitale pour les deux équipes. Le nul obtenu à l’aller maintient les chances intactes, mais oblige le MCA à s’imposer à domicile au stade Ali la Pointe de Douera.
L’affaire de l’aéroport pourrait donc peser psychologiquement sur les Libériens comme sur les Algériens, chacun cherchant à tirer profit de la situation. Les supporters, eux, attendent avant tout une qualification qui confirmerait les ambitions continentales du Mouloudia.
Entre accusations et démentis, la vérité se jouera-t-elle sur le terrain samedi soir plutôt que dans les communiqués ?