Le sélectionneur du Nigeria, Eric Chelle, est revenu en détail sur le quart de finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations, remporté par son équipe face à l’Algérie sur le score de deux buts à zéro, synonyme de qualification pour le dernier carré.
Présent sur le plateau de l’émission After Foot sur RMC, le technicien franco-malien a profité de l’occasion pour livrer son analyse tactique de la rencontre et pointer ce qu’il considère comme une erreur majeure commise par Vladimir Petković, sélectionneur des Verts.
Au cours de son intervention, Chelle a d’abord rappelé son passage en Algérie, où il a dirigé le MC Oran pendant six mois. Une expérience qu’il estime déterminante dans la préparation de cette confrontation.
« J’ai entraîné en Algérie pendant six mois. Le joueur algérien est techniquement excellent et il veut travailler uniquement avec le ballon », explique-t-il, soulignant ainsi la forte identité technique du football algérien.
Fort de cette connaissance, le sélectionneur nigérian affirme avoir adapté son plan de jeu en conséquence. Selon lui, laisser l’Algérie s’installer dans son jeu de possession aurait été une grave erreur.
« Je savais que si je laissais cette équipe jouer, on allait avoir énormément de problèmes. C’est pour cela que j’ai décidé de mettre en place un pressing très haut et très intense », poursuit-il.
Eric Chelle avoue également que l’annonce de la composition de départ algérienne a renforcé ses convictions. L’absence de Baghdad Bounedjah, attaquant de référence et point d’appui naturel du jeu algérien, a été perçue comme un signal fort.
« Quand j’ai vu la composition de l’Algérie, je me suis dit : oui, je vais presser encore plus. Pour moi, si Bounedjah avait été là, ce n’aurait pas été la même chose. Quand j’ai vu qu’il n’était pas présent, j’ai dit ouf et j’ai demandé aux joueurs d’accentuer le pressing », confie-t-il sans détour.
Pour Chelle, la présence d’un avant-centre capable de jouer dos au but et de peser physiquement sur la défense adverse constitue une solution essentielle face à un pressing agressif. L’absence de Bounedjah a donc facilité la tâche des Nigérians, leur permettant de maintenir une pression constante sur la relance algérienne, sans craindre un jeu direct efficace.
Le sélectionneur nigérian s’est également exprimé sur la gestion du match par Vladimir Petković. Il s’attendait à des ajustements tactiques dès la pause.
« Je pensais que Petković allait faire des changements à la mi-temps », avoue-t-il. Toutefois, Chelle estime que son homologue algérien a fait le pari que l’intensité du pressing nigérian finirait par baisser au fil du match, en raison de l’effort physique considérable exigé.
À travers ces déclarations, l’ancien entraîneur du MC Oran laisse clairement entendre que le non-recours à Baghdad Bounedjah constitue, selon lui, une erreur tactique majeure de Vladimir Petković. Une décision qui aurait permis au Nigeria d’imposer sa stratégie de pressing intensif, stratégie qui s’est révélée payante et a conduit à la victoire des “Super Eagles” par deux buts à zéro.
Ce témoignage met en lumière les difficultés rencontrées par la sélection algérienne face aux équipes capables de combiner rigueur tactique, intensité physique et pressing coordonné. Il rappelle également l’importance des choix individuels et des ajustements en cours de match, surtout lors des rencontres à élimination directe, où la moindre erreur peut s’avérer fatale.