Le quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Cameroun et le Maroc, disputé à Rabat, continue de faire couler beaucoup d’encre. Si les Lions de l’Atlas ont validé leur billet pour le dernier carré grâce à une victoire maîtrisée (2-0), la prestation de l’arbitre mauritanien Dahane Beida a éclipsé le terrain. Décisions controversées, penalty oublié et soupçons de partialité ont alimenté une vive polémique bien au-delà du continent africain.
La rencontre Cameroun–Maroc devait être l’un des sommets sportifs de cette CAN 2025. Elle s’est finalement transformée en un débat brûlant autour de l’arbitrage. Dès le coup de sifflet final, joueurs camerounais, observateurs et médias ont pointé du doigt la gestion du match par Dahane Beida, accusé d’avoir multiplié les décisions litigieuses en faveur du pays hôte.
Le fait de jeu le plus commenté est survenu à la 70e minute. Bryan Mbeumo, lancé dans la surface marocaine, semble accroché par Adam Masina après un crochet. L’arbitre laisse le jeu se poursuivre, sans recourir à la VAR ni désigner le point de penalty. Quelques minutes plus tard, le Maroc double la mise par Saibari, scellant définitivement le sort de la rencontre.
Pour de nombreux observateurs, ce moment constitue le véritable tournant du match. Sur le plateau de L’Équipe du Soir, la prestation arbitrale a été sévèrement jugée. Le journaliste Gregory Schneider n’a pas mâché ses mots, livrant une charge virulente contre ce qu’il considère comme une parodie de football. « Ce qui serait bien, c’est qu’on gagne un peu de temps et qu’on leur donne la coupe directement », a-t-il lancé, dénonçant une succession de décisions incompréhensibles et, selon lui, insultantes pour le jeu et pour les joueurs.
Une indignation relayée par les acteurs
Schneider a notamment évoqué des fautes non sanctionnées, des coups francs systématiquement ralentis sans avertissement et un arbitrage qu’il juge orienté. « On voit un défenseur marocain mettre un coup de coude au visage de son adversaire et l’arbitre ne bronche pas », a-t-il insisté, avant d’ajouter que l’attitude même de l’arbitre lors de l’action litigieuse traduisait un certain malaise.
Du côté camerounais, la frustration est palpable. Bryan Mbeumo, principal concerné par le penalty non sifflé, n’a pas caché son amertume après la rencontre.
« J’ai senti le contact pendant le match, j’ai revu les images et le penalty est très flagrant pour moi », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la rencontre ne se résume pas à cette seule action. Un sentiment partagé par Carlos Baleba, pour qui la physionomie du match aurait pu être différente si cette faute avait été sanctionnée. Malgré la déception, le sélectionneur David Pagou a tenté de calmer les esprits.
En conférence de presse, il a rappelé que « l’arbitre est le maître du jeu » et que l’erreur fait partie du football. Un discours mesuré, axé davantage sur le bilan global de la compétition que sur la polémique arbitrale. Même posture du côté de Samuel Eto’o. Très agité en tribune durant la rencontre, le président de la FECAFOOT a surpris par son ton apaisé dans le vestiaire après l’élimination.
L’ancien capitaine des Lions Indomptables a appelé joueurs et staff à « rester dignes », reconnaissant toutefois que « beaucoup de choses se sont passées » sur le terrain. Une attitude qui interroge, surtout au regard de son engagement affiché pour un football africain plus équitable et transparent. Pendant ce temps, au Maroc, la qualification est savourée.
Les Lions de l’Atlas, portés par un Brahim Diaz encore décisif, ont livré une prestation solide et efficace. Mais cette victoire, pourtant méritée sur le plan du jeu, reste entachée par une controverse arbitrale qui ternit l’image de la compétition.
Au-delà du résultat, ce quart de finale relance une fois de plus le débat sur l’arbitrage en Afrique et sur la nécessité de restaurer la confiance et l’équité dans les grands rendez-vous continentaux.