Alors que les clubs algériens sous perfusion d’argent public peinent à justifier leurs dépenses faramineuses, le Paradou AC démontre qu’une gestion saine, centrée sur la formation et l’autonomie financière, peut non seulement survivre, mais aussi briller à l’international.
Un modèle économique autosuffisant
À contre-courant du paysage footballistique algérien, le Paradou AC a bâti son succès sans dépendre de subventions publiques, ni de l’appui des grandes entreprises nationales.
Club-école par excellence, il fonde son projet sur la formation de jeunes talents, qu’il valorise ensuite sur le marché international. Résultat ? Cette saison seulement, le club a généré environ 12 millions d’euros (près de 180 milliards de centimes) grâce à des transferts stratégiques.
Parmi ces opérations : Zakaria Boulbina, transféré pour plusieurs millions d’euros, Nadir Benbouali vers le championnat hongrois, Abdelkahar Kadri à La Gantoise (Belgique), Adam Zorgane à Saint-Gilloise, et d’autres joueurs partis vers le Qatar.
Ces revenus confèrent au Paradou une sérénité financière rare dans le paysage footballistique local.
Des clubs publics aux résultats invisibles
À l’inverse, les clubs dits « d’entreprises », financés massivement par des sociétés nationales ou des subventions d’État, vivent dans une forme de dépendance chronique. Chaque saison, certains de ces clubs dépensent près de 80 milliards de centimes sans générer le moindre revenu ni parvenir à glaner un titre continental.
Pire encore : l’ensemble des clubs de la Ligue 1 algérienne engloutit plus de 900 milliards de centimes par an issus de la trésorerie publique. Une situation difficilement justifiable alors que les résultats sportifs ne suivent pas, ni en compétitions africaines ni dans la structuration des clubs.
Une politique à revoir d’urgence
Ce déséquilibre criant entre Paradou et les autres clubs met en lumière une crise de modèle. Le football algérien continue de fonctionner comme un système assisté, déconnecté des réalités économiques. Or, dans un contexte de restrictions budgétaires et de nécessité de rationalisation, il devient urgent de revoir la politique sportive nationale.
Il est impératif, selon les observateurs de : Réduire les subventions aux clubs publics, éxiger une gestion autonome et responsable, encourager la formation et l’autofinancement, et revoir à la baisse les salaires exorbitants, souvent injustifiés.
La fin d’une ère ?
Le Paradou AC n’est pas seulement un club formateur, il est devenu le miroir qui reflète l’échec du modèle des clubs dépendants de l’État. Tandis que certains continuent à dilapider les deniers publics sans résultat, d’autres bâtissent un projet durable, rentable et exportateur de talents.
Le message est clair : l’avenir du football algérien ne peut reposer éternellement sur l’argent public. La réussite de Paradou montre la voie. Reste à savoir si les décideurs auront le courage de tirer les conséquences et d’amorcer une vraie réforme.