Dans un championnat où la montée en Ligue 1 représente bien plus qu’un objectif sportif, la tension peut parfois déborder du terrain.
À El Harrach, le choc entre l’USMH et l’ASMO a été totalement éclipsé par des scènes de violence dans les tribunes, transformant une affiche décisive en épisode chaotique.
Le match entre l’USM El Harrach et l’ASMO, disputé vendredi au stade Mouloud Zerrouki des Eucalyptus, a tourné au cauchemar organisationnel et sécuritaire.
Cette rencontre, pourtant cruciale dans la course à la montée en Ligue 1 s’est soldée par une victoire de l’ASMO (2-1), mais surtout par de graves incidents qui ont fortement perturbé son déroulement.
Sur le plan sportif, la première période a été relativement équilibrée, avec une légère domination de l’USMH dans l’animation offensive. Les Harrachis ont tenté d’imposer leur rythme, sans toutefois réussir à concrétiser leurs occasions.
Bechou s’est illustré à deux reprises, d’abord face au gardien Della (30’), puis en manquant une opportunité nette juste avant la pause (45+1’). L’ASMO, de son côté, a privilégié une approche prudente, attendant les erreurs adverses.
Au retour des vestiaires, le match a basculé. Frifer a ouvert le score à la 52e minute d’une frappe à l’entrée de la surface, avant de doubler la mise six minutes plus tard sur une reprise de volée (58’). Ces deux buts ont immédiatement changé l’atmosphère dans le stade, faisant monter la tension de manière inquiétante.
C’est à partir de ce moment que la rencontre a totalement dérapé. Après le deuxième but de l’ASMO, des actes de violence ont éclaté dans les tribunes du stade Mouloud Zerrouki. La plupart des sièges ont été arrachés et projetés vers la pelouse, tandis que des barrières de sécurité ont été détruites par des supporters harrachis.
La situation a rapidement échappé au contrôle, obligeant les forces de l’ordre à intervenir pour évacuer une partie des gradins. Le match a été interrompu pendant 38 minutes, dans une atmosphère tendue et confuse. Une scène rare dans une rencontre aussi importante pour l’accession.
Après l’intervention des services de sécurité, la rencontre a repris dans un stade partiellement vidé de ses supporters. L’ambiance, totalement transformée, a perdu toute intensité sportive. Malgré cela, l’USMH a tenté de réagir dans les dernières minutes. Les Harrachis ont réduit le score à la 81e minute grâce à un penalty transformé par Zouari, redonnant un court espoir.
Mais le mal était déjà fait. L’ASMO, solide et mieux organisée, a su gérer son avantage jusqu’au bout pour s’imposer dans ce choc au sommet.
Au coup de sifflet final, le résultat sportif est presque passé au second plan. Ce sont surtout les images de violence, les dégâts dans les tribunes et l’interruption prolongée qui resteront de cette rencontre entre deux prétendants directs à la montée en Ligue 1. Pour l’USMH comme pour l’ASMO, cette soirée laisse un goût amer, bien au-delà du classement. Quand l’enjeu dépasse le jeu, jusqu’où le football peut-il encore résister à ses propres excès ?