Depuis plusieurs semaines, une réalité interpelle les observateurs du football algérien : Mohamed Amoura traverse une période de disette offensive inhabituelle.
L’attaquant reste muet lors de ses six dernières apparitions avec la sélection nationale, mais également lors de ses six dernières rencontres avec Wolfsburg. Plus inquiétant encore, il n’a inscrit que deux buts en dix-huit matchs depuis le début de l’année 2026.
Pour certains, cette baisse de rendement pourrait sembler conjoncturelle. Pourtant, en analysant le parcours récent du joueur, un schéma récurrent apparaît : Amoura peine à maintenir son efficacité lors de la seconde partie de saison.
La saison dernière en est un parfait exemple. L’attaquant algérien avait réalisé une première moitié de championnat très prometteuse avec huit buts inscrits. Mais dès le mois de janvier, son rendement a chuté drastiquement, avec seulement deux réalisations et une série de huit matchs sans marquer en Bundesliga, dont la majorité disputée comme titulaire avec des matchs complets.
Le constat est similaire lors de son passage à l’Union Saint-Gilloise. Avant la trêve hivernale, Amoura affichait un total impressionnant de 13 buts. Mais après décembre, il n’a ajouté que quatre réalisations à son compteur, confirmant une baisse de régime déjà perceptible.
Cette régression pose question et mérite une analyse approfondie. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. On en cite certaines : Une dimension physique : Amoura dépense énormément d’énergie sur le terrain. Son style de jeu, basé sur des courses répétées et un pressing constant, pourrait entraîner une fatigue accumulée au fil de la saison, affectant sa lucidité devant le but.
Une gestion de l’effort perfectible : À force de multiplier les appels et les déplacements parfois peu rentables, l’attaquant pourrait s’épuiser inutilement, compromettant son efficacité dans les moments décisifs.
Un aspect psychologique : La perte de confiance est souvent progressive chez les attaquants. Quelques matchs sans marquer suffisent parfois à installer le doute, qui devient ensuite difficile à dissiper.
D’autres facteurs externes : adaptation tactique, pression médiatique, exigences du haut niveau… autant d’éléments qui peuvent influencer les performances.
Un enjeu majeur à l’approche du Mondial
À deux mois et demi seulement de la prochaine Coupe du monde, la situation d’Amoura devient un sujet central. Mais au lieu de céder aux critiques hâtives ou aux jugements sévères, il est essentiel d’adopter une approche constructive.
L’attaquant algérien reste un élément clé de l’équipe nationale. Avec Amine Gouiri, il constitue l’une des options offensives les plus crédibles, notamment grâce à son activité, sa capacité à presser haut et à récupérer des ballons dans les zones avancées.
Dans un contexte où les alternatives au plus haut niveau européen restent limitées, son rôle demeure incontournable.
Aujourd’hui plus que jamais, Amoura a besoin de soutien moral. La période qu’il traverse est typique des attaquants, et une simple étincelle peut tout changer. Deux ou trois buts pourraient suffire à relancer la machine, libérer son jeu et lui permettre de finir la saison en force.
Les supporters algériens l’ont déjà vu briller, notamment lors des phases de qualification. Ils savent de quoi il est capable.
La vraie question est donc la suivante : cette baisse de régime n’est-elle qu’un passage à vide avant un retour en force ?
Une chose est sûre : le talent d’Amoura n’a pas disparu. Reste à savoir quand il se réveillera… et si ce sera au meilleur moment.