À l’approche du Mondial, l’un des principaux défis du sélectionneur concernera sans doute l’organisation de son animation offensive.
Si l’équipe nationale dispose aujourd’hui d’un vivier de joueurs talentueux dans les couloirs, la répartition des profils n’est pas totalement équilibrée entre le côté droit et le côté gauche.
Sur le flanc droit, les options ne manquent pas. Riyad Mahrez demeure la référence à son poste grâce à son expérience, sa qualité technique et son influence dans le jeu offensif.
À ses côtés, Anis Hadj Moussa s’est progressivement imposé comme une alternative crédible grâce à ses performances en club et à sa capacité à créer le danger dans les un-contre-un.
Plus récemment, Ghjems a également confirmé ses qualités sur ce côté, lui qui a évolué pratiquement toute sa carrière au poste d’ailier droit. Le sélectionneur dispose ainsi de trois spécialistes naturels capables d’occuper ce couloir sans adaptation particulière.
La situation est différente sur le côté gauche. Malgré la présence de plusieurs joueurs offensifs polyvalents, peu d’entre eux sont de véritables ailiers gauches de formation. Dans ce registre, Adil Boulbina apparaît comme le profil le plus naturel pour animer ce couloir. Ses qualités de percussion, sa vitesse et sa capacité à provoquer balle au pied en font une option intéressante pour apporter de la profondeur au jeu offensif.
Toutefois, le staff technique peut également compter sur Mohamed Amine Amoura et Amine Gouiri pour occuper ce poste. Les deux joueurs ont déjà évolué sur le côté gauche, aussi bien en club qu’en sélection. Néanmoins, leur profil diffère sensiblement de celui d’un ailier classique. Amoura aime souvent repiquer dans l’axe pour exploiter sa vitesse dans la profondeur, tandis que Gouiri préfère décrocher et participer à la construction du jeu. Leur utilisation sur le flanc gauche modifie donc naturellement l’animation offensive de l’équipe.
Cette configuration soulève la question de l’équilibre global du dispositif. Avec plusieurs spécialistes à droite et un nombre plus limité de profils naturels à gauche, le sélectionneur devra trouver la meilleure formule pour exploiter le potentiel de chacun tout en maintenant une cohérence collective. Certains observateurs estiment qu’un changement de système pourrait permettre de résoudre en partie cette problématique.
L’option d’un milieu de terrain à trois constitue notamment une piste intéressante. Un tel schéma offrirait davantage de maîtrise dans l’entrejeu, renforcerait l’équilibre défensif et permettrait de mieux contrôler le rythme des rencontres. Cependant, cette organisation tactique aurait également ses contraintes. En passant à trois milieux axiaux, l’équipe serait probablement amenée à évoluer avec seulement trois joueurs à vocation offensive, ce qui impliquerait le sacrifice d’un attaquant.
Un choix loin d’être anodin lorsque l’on connaît la richesse offensive dont dispose actuellement la sélection. Entre les profils de Gouiri, Amoura, Boulbina, Mahrez, Hadj Moussa et les autres solutions disponibles, chaque décision tactique risque de laisser sur le banc un joueur capable de faire la différence.
Le défi pour le sélectionneur sera donc de trouver le juste équilibre entre la densité du milieu de terrain, l’occupation des couloirs et l’efficacité offensive. Une équation complexe, mais qui témoigne également de la qualité et de la profondeur de l’effectif actuel, probablement l’un des plus riches dont dispose l’équipe nationale depuis plusieurs années.