Alors que l’UEFA, l’AFC et de nombreuses voix de la CONCACAF déclenchent un véritable séisme institutionnel en contestant la gestion unilatérale de Gianni Infantino, la Confédération Africaine de Football (CAF) s’obstine dans un silence vassal. En se cantonnant au rôle d’observatrice docile d’un règne déclinant, l’instance continentale compromet l’avenir du football africain et se range du mauvais côté de l’histoire.
Le crépuscule de la gouvernance solitaire
Le compte à rebours semble inexorablement enclenché. Le camouflet administré par trois des plus puissantes confédérations du football mondial ne représente pas une simple bisbille diplomatique, mais bien une rupture tectonique. En affirmant haut et fort que le football mondial n’est la propriété exclusive de personne, ces instances remettent directement en cause les décisions arbitraires, le manque de transparence et la centralisation extrême des pouvoirs au sommet de la FIFA. La demande d’une révision indépendante marque une volonté ferme de refonder la gouvernance globale sur des bases démocratiques et équitables.
Face à cette lame de fond, l’attitude de la CAF relève d’une cécité politique déconcertante. Historiquement instrumentalisée comme un réservoir de voix captif en échange de promesses souvent cosmétiques, l’instance africaine continue de jouer les figurantes consentantes dans un théâtre dont le décor s’effondre.
Une posture de vassalité insoutenable
Pendant que le reste du monde réclame un changement radical et une redistribution équilibrée des pouvoirs, l’Afrique du football assiste au spectacle sans broncher, pétrifiée par une loyauté aveugle envers le président de la FIFA. Cette posture de neutralité passive est à la fois une erreur stratégique et un aveu d’impuissance. En refusant de se joindre à la fronde pour exiger des réformes structurelles, la direction de la CAF condamne le continent à rester un acteur secondaire, tributaire du bon vouloir des décideurs zurichois.
Ce positionnement au mauvais endroit de l’échiquier politique fragilise la crédibilité même du football africain. Comment prétendre à une souveraineté sportive et économique quand les hautes instances continentales s’alignent systématiquement sur des décisions élaborées sans concertation réelle ?
L’urgence d’une prise de conscience nationale
Il est désormais impératif que les fédérations nationales majeures prennent leurs responsabilités et brisent le rouleau compresseur du conformisme. Des nations phares comme l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, le Nigéria, le Sénégal, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire possèdent le poids historique, le vivier de talents et l’influence nécessaire pour faire fléchir la ligne officielle de la CAF.
Ces acteurs majeurs ne peuvent plus se contenter d’assister en spectateurs au démantèlement annoncé du système actuel. Il est temps d’affirmer une volonté politique souveraine, de dire « assez » à la logique de domination et de remettre les intérêts du football africain au centre des débats. La CAF ne pourra pas indéfiniment ignorer l’onde de choc mondiale : soit elle choisit de faire entendre sa voix pour réformer le système, soit elle sombrera avec le trône qu’elle s’obstine à protéger.













































