CAF-FIFA : L’allégeance aveugle à Infantino

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Alors que l’UEFA dresse un rempart éthique face aux dérives mercantilistes de la FIFA et maintient sa menace de boycott, la Confédération Africaine de Football (CAF) s’enfonce dans une passivité complaisante.
En acceptant de simples « excuses » de Gianni Infantino après la tentative ratée de privatisation partielle de l’instance mondiale, le football africain préfère jouer les réservoirs de voix dociles au lieu de faire valoir son éthique et son véritable poids politique.

Une diplomatie de la dépendance économique
Pendant que l’UEFA exige des garanties fermes et dénonce la perte de confiance absolue envers Gianni Infantino, la CAF a choisi une voie bien plus accommodante lors de la réunion de crise convoquée à Rabat. L’instance africaine s’est empressée d’« accueillir favorablement » les regrets de façade formulés par la présidence de la FIFA.
Cette clémence pose de lourdes questions. En se contentant de simples déclarations d’intention sur la transparence, la CAF donne l’impression de privilégier les chèques de solidarité financière au détriment d’une réelle exigence de réforme.
Depuis 2016, les mécanismes de redistribution de la FIFA ont versé plus de 1,2 milliard de dollars au continent africain. Si ce soutien économique reste indispensable au développement du football local, il s’accompagne désormais d’un alignement politique total et acritique sur les ambitions personnelles de Gianni Infantino, plus que jamais tourné vers sa réélection prévue en mars 2027.

Le piège de la vassalité institutionnelle
En refusant de faire bloc avec les fédérations européennes pour imposer un contre-pouvoir solide, les dirigeants du football africain fragilisent la crédibilité même de leur institution. La CAF agit désormais comme le bastion le plus loyal du président contesté de la FIFA, transformant ses 54 voix en une simple monnaie d’échange électorale plutôt qu’en un véritable levier de négociation institutionnelle.
Cette posture crée une fracture géopolitique majeure au sein du football mondial. Alors que le projet d’ouverture des compétitions à des fonds d’investissement privés touchait aux fondements éthiques du sport spectacle, l’instance africaine n’a émis aucune réserve sur le fond, se bornant à valider le recul forcé de la FIFA.
En se plaçant du côté du statu quo financier au lieu d’exiger une gouvernance vertueuse, la CAF condamne le continent à un rôle de figurant docile face aux dérives répétées du pouvoir central zurichois.

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