L’ancien latéral gauche international algérien Faouzi Ghoulam est récemment sorti de sa réserve dans un entretien accordé à Fanpage, livrant un témoignage sincère sur plusieurs moments marquants de sa carrière.
Au-delà de son absence lors de la CAN 2019, remportée par l’Algérie, c’est surtout un aspect rarement évoqué qui a retenu l’attention : l’impact de son choix international sur sa valeur marchande.
Formé à L’AS Saint-Étienne et révélé au plus haut niveau sous les couleurs de SSC Napoli, Ghoulam faisait partie des latéraux les plus prometteurs en Europe à son apogée. Pourtant, malgré son talent et ses performances, il estime que son choix de représenter l’Algérie a influencé sa perception sur le marché des transferts.
« J’ai payé le prix de mon choix pour l’équipe nationale algérienne. La valeur marchande n’est pas la même quand on ne représente pas une sélection européenne », a-t-il confié avec franchise.
Dans un football mondialisé où les critères économiques pèsent lourd, évoluer sous le maillot d’une grande sélection européenne peut offrir une exposition médiatique plus importante, et donc une valorisation accrue. Les compétitions comme l’Euro, très suivies par les recruteurs et les investisseurs, constituent souvent une vitrine privilégiée pour les joueurs.
À l’inverse, même si la Coupe d’Afrique des nations gagne en visibilité, elle reste parfois sous-évaluée dans certaines sphères du football international. Un constat que Ghoulam semble avoir vécu personnellement, malgré ses performances solides en Serie A et en compétitions européennes.
Le cœur avant le business
Malgré cette réalité, Ghoulam ne nourrit aucun regret. Son choix pour les Fennecs a toujours été guidé par la conviction et l’attachement à ses racines. « Mon cœur était clair. Je suis fier d’avoir choisi mon pays », a-t-il affirmé.
Un discours qui contraste avec certaines trajectoires de joueurs binationaux tiraillés entre opportunité sportive et attachement identitaire. Pour Ghoulam, la dimension affective a primé sur toute considération de carrière ou de marketing personnel.
L’autre point fort de son témoignage concerne son absence lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019, remportée par l’Algérie. Alors que certains avaient évoqué des choix techniques ou des désaccords, le joueur a tenu à clarifier la situation.
« Je n’étais pas à 100 % physiquement. Je ne voulais pas prendre la place d’un joueur plus prêt que moi. C’était une décision honnête », a-t-il expliqué.
Un choix qui illustre une certaine éthique professionnelle, privilégiant l’intérêt collectif à une participation symbolique à une compétition majeure.
Il serait toutefois réducteur de limiter la trajectoire de Ghoulam à cette seule dimension. Sa carrière a également été marquée par de graves blessures, notamment au genou, qui ont freiné son ascension au moment où il figurait parmi les meilleurs à son poste en Europe.
Malgré ces obstacles, il reste une figure respectée, aussi bien pour son niveau de jeu que pour ses prises de position sincères. Aujourd’hui éloigné des terrains de haut niveau, il continue de suivre avec passion les performances des Verts.