À chaque publication concernant Amin Chiakha, qu’il s’agisse d’un but inscrit avec son club ou d’une bonne prestation, un commentaire revient régulièrement : « Il n’a pas convaincu avec l’équipe nationale. ».
Une affirmation qui semble s’être installée dans le débat, alors qu’elle mérite d’être sérieusement nuancée.
En règle générale, on considère qu’un joueur n’a pas convaincu lorsqu’il a bénéficié de plusieurs opportunités, disputé de nombreux matchs, et qu’il n’a jamais réussi à laisser une véritable empreinte. Ce constat est alors fondé sur un échantillon suffisamment large pour tirer des conclusions.
Mais peut-on réellement appliquer ce raisonnement à Amine Chiakha ? Depuis sa première convocation avec les Verts, le jeune attaquant n’a disputé que trois rencontres. Encore faut-il préciser dans quelles conditions. Il est entré dans les toutes dernières secondes face à la Guinée équatoriale, a joué seulement six minutes contre le Mozambique, puis treize minutes face au Guatemala. Au total, cela représente une vingtaine de minutes réparties sur trois matchs.
Vingt minutes. C’est à peine le temps nécessaire pour entrer dans le rythme d’une rencontre, comprendre les mouvements de ses partenaires et tenter d’apporter quelque chose dans un contexte souvent déjà figé. Tirer un verdict définitif sur un attaquant après un temps de jeu aussi réduit paraît donc prématuré.
Il ne faut pas oublier non plus que Chiakha évolue au poste d’avant-centre, l’un des plus exigeants du football moderne. C’est une position où les occasions sont parfois rares et où le moindre détail fait la différence. De plus, les profils de véritables numéros 9 se font de plus en plus rares, ce qui renforce l’intérêt de suivre avec patience l’évolution d’un jeune joueur capable d’occuper ce rôle.
À seulement 20 ans, Amine Chiakha possède encore une importante marge de progression. Son intégration au sein de la sélection demande du temps, comme c’est souvent le cas pour les jeunes joueurs qui découvrent le plus haut niveau international. L’adaptation à un nouveau groupe, aux exigences tactiques et à la pression des matchs internationaux ne se fait pas en quelques minutes de jeu.
Dans un contexte où les options offensives restent limitées pour la sélection algérienne, il serait logique de lui accorder davantage de confiance lorsque les circonstances le permettront. L’équipe nationale s’apprête progressivement à ouvrir un nouveau cycle, et ce type de profil mérite d’être observé sur une période plus longue avant d’être jugé.
Cela ne signifie pas pour autant qu’une place lui est acquise. La première étape reste de s’imposer en club. Enchaîner les titularisations, marquer régulièrement, gagner en efficacité et confirmer son potentiel seront les meilleurs arguments pour convaincre le sélectionneur de lui offrir davantage de responsabilités.
Le talent seul ne suffit pas, il faut également envoyer des signaux forts sur le terrain. Aujourd’hui, la concurrence au poste d’avant-centre n’est pas insurmontable. Le chemin est ouvert pour celui qui saura saisir sa chance. Amine Chiakha possède les qualités pour prétendre à un rôle plus important, mais il devra continuer à progresser et à répondre présent lorsque les opportunités se présenteront.