La victoire de l’équipe nationale algérienne face à la Jordanie mardi dernier a laissé une impression contrastée. Si les trois points obtenus constituent un résultat précieux dans la course à la qualification au deuxième tour, cette rencontre a également mis en lumière plusieurs aspects positifs, mais aussi certaines lacunes qui devront être corrigées avant les prochaines échéances.
L’un des principaux motifs de satisfaction réside sans aucun doute dans la capacité de réaction des Verts. Menés et en difficulté durant une bonne partie de la première mi-temps, les hommes de Vladimir Petković ont su renverser la situation lors du second acte grâce à une remarquable remontée au score.
Cette « remontada » témoigne d’une force mentale retrouvée et d’un état d’esprit combatif qui a permis à l’Algérie de décrocher une victoire potentiellement décisive pour la suite de la compétition. Dans les moments difficiles, l’équipe a montré qu’elle possédait les ressources nécessaires pour revenir dans un match et faire basculer le résultat en sa faveur.
Un banc de touche qui apporte des solutions
Autre élément très encourageant : l’impact des remplaçants. Les entrées de Nabil Bentaleb, Jaouen Hadjam, Nadhir Benbouali, Zineddine Belaid et Anis Hadj Moussa ont apporté une véritable bouffée d’oxygène au collectif algérien.
Leur fraîcheur physique, leur engagement et leur capacité à dynamiser le jeu ont permis à l’équipe de retrouver du rythme et de la créativité. Cette profondeur d’effectif représente un atout majeur pour le sélectionneur, qui peut désormais compter sur plusieurs options capables de changer le cours d’une rencontre.
Dans le football moderne, les matchs se gagnent souvent grâce à la qualité du banc. Face à la Jordanie, les remplaçants ont parfaitement rempli leur mission et ont largement contribué au succès final.
Ibrahim Maza, la grande satisfaction
Parmi les performances individuelles les plus marquantes, celle d’Ibrahim Maza mérite une mention particulière. Le jeune talent algérien a livré une prestation presque parfaite, démontrant toute l’étendue de son potentiel.
Très actif entre les lignes, inspiré dans ses prises de balle et dangereux à plusieurs reprises, il a constamment posé des problèmes à la défense adverse. Il aurait même pu inscrire son nom au tableau d’affichage tant ses occasions ont été nombreuses.
Sa performance confirme qu’il représente l’un des grands espoirs du football algérien et qu’il peut devenir un élément essentiel du projet de Petković dans les années à venir.
Des prestations individuelles en dessous des attentes
Malgré la victoire, plusieurs joueurs n’ont pas évolué à leur meilleur niveau. Certains cadres ont semblé en difficulté, aussi bien sur le plan individuel que collectif.
Rayan Aït-Nouri, habituellement très influent, a connu une rencontre compliquée. Son apport offensif a été limité et son rendement défensif est resté insuffisant. Le même constat peut être dressé pour Ramiz Zerrouki et Hicham Boudaoui, qui n’ont pas réussi à imposer leur présence dans l’entrejeu.
Fares Chaïbi et Rafik Belghali ont également traversé un match discret, sans parvenir à apporter la différence attendue. Si une contre-performance peut arriver à n’importe quel joueur, ces éléments devront rapidement retrouver leur meilleur niveau pour permettre à l’équipe de franchir un cap.
Un début de match inquiétant
L’autre grande préoccupation concerne l’entame de rencontre de la sélection nationale. Une nouvelle fois, l’Algérie a affiché un visage timide lors des premières minutes.
Dans le football de haut niveau, les vingt premières minutes sont souvent déterminantes. Elles permettent d’imposer son rythme, de prendre confiance et de dicter le scénario du match. Or, face à la Jordanie, les Verts ont semblé attendre l’adversaire plutôt que de prendre l’initiative.
Les nombreuses passes latérales entre les défenseurs, associées à un milieu défensif qui revenait systématiquement vers l’arrière, ont ralenti le jeu et empêché l’équipe de se projeter rapidement vers l’avant. Cette approche prudente a offert à la Jordanie la possibilité de croire en ses chances.
Certes, les Jordaniens n’ont pas pleinement exploité cette faiblesse et ne sont parvenus à inscrire qu’un seul but. Cependant, face à des sélections du niveau de l’Espagne ou de l’Angleterre, une telle entame pourrait coûter beaucoup plus cher. Les grandes nations du football savent profiter de la moindre hésitation et sanctionnent immédiatement les erreurs d’approche.
Le cas Gouiri : un positionnement qui interroge
Un autre enseignement de cette rencontre concerne Amine Gouiri. L’attaquant algérien a semblé beaucoup plus à l’aise lorsqu’il a été repositionné sur l’aile après l’entrée de Benbouali.
Son influence sur le jeu s’est immédiatement accrue. Plus libre dans ses déplacements, capable de partir de loin et de créer des décalages, Gouiri a montré qu’il pouvait être plus efficace dans un rôle de joueur de couloir que dans celui d’avant-centre de prédilection.
Cette observation soulève une question légitime : pourquoi ne pas l’avoir aligné sur un côté dès le coup d’envoi, tout en associant un véritable numéro neuf à Ben Bouali ? Ce choix tactique pourrait constituer une piste de réflexion importante pour le staff technique lors des prochains matchs.