Équipe nationale féminine : Farid Benstiti se projette déjà sur le Burkina Faso

Équipe nationale féminine : Farid Benstiti se projette déjà sur le Burkina Faso

Au sortir de l’écrasante victoire de la sélection nationale féminine face à la Centrafrique (7-0), hier soir au stade Hocine Aït Ahmed de Tizi-Ouzou lors du 2e tour retour des éliminatoires des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, le sélectionneur des Vertes, Farid Benstiti, s’est exprimé en conférence de presse. Entre la gestion de son groupe, le niveau de concurrence vis-à-vis des joueuses locales et le prochain choc face au Burkina Faso, le technicien a livré une analyse lucide et ambitieuse pour les coéquipières de la capitaine Marine Dafeur.

Respecter le jeu et resserrer le groupe avant les grandes échéances

Malgré l’écart de niveau manifeste face à la sélection centrafricaine, Farid Benstiti a tenu à saluer le sérieux de ses joueuses et à justifier les ajustements opérés au sein de son onze. Pour le coach national, maintenir une rigueur absolue était indispensable, autant pour le respect de l’adversaire que pour la continuité du projet de jeu établi depuis sa prise de fonction.

« On doit d’abord respecter la compétition, c’est important, ainsi qu’un ordre hiérarchique dans l’établissement d’un effectif depuis trois ans maintenant », a expliqué le sélectionneur, avant de préciser sa philosophie de jeu : « Lorsqu’on effectue des changements sur des matchs de compétition, même si l’équipe adverse est beaucoup plus faible, il faut toujours se poser la question de savoir si l’on reste dans le projet de très bien jouer. Il n’y a pas eu de bouleversement dans le projet, mais des changements effectués après une discussion avec mes joueuses. »

Le sélectionneur a également prévenu que les places allaient devenir de plus en plus chères à l’approche des prochains rendez-vous : « Les échéances arrivent très vite et le groupe est en train de se restreindre pour devenir de plus en plus compétitif. »

Le Burkina Faso déjà dans le viseur

Qualifiées pour le prochain tour, Lina Boussaha et ses partenaires devront désormais se mesurer au Burkina Faso. Un adversaire d’un tout autre calibre que le staff technique algérien a déjà commencé à décortiquer avec minutie, tout en gardant un œil sur la préparation de la Coupe du monde.

« Le Burkina Faso, je les connais très bien. J’ai déjà regardé le match aller et j’ai demandé à mon analyste vidéo d’enregistrer le match retour où elles ont fait match nul (1-1). C’est pour vous dire que ce ne sera pas facile », a averti Farid Benstiti.

Face à un calendrier chargé, le technicien réfléchit déjà à la meilleure formule pour la fenêtre internationale de fin d’année : « Sur le rassemblement de novembre-décembre, je dois trouver comment être véritablement efficace à la fois pour la qualification aux Jeux Olympiques, qui est très importante pour nous tous, et pour la préparation de la Coupe du monde en perspective. Des matchs amicaux sont prévus et nous allons essayer de trouver une ou deux équipes qui correspondent à notre calendrier pour rebondir sur la préparation du Burkina Faso. »

Joueuses locales et concurrence : la loi du mérite sportif

Interrogé sur l’intégration de nouvelles têtes — à l’image de Nesrine Bahlouli, Célina Ould Hocine ou encore des jeunes issues des U20 — et sur la faible présence des joueuses issues du championnat national, Farid Benstiti a joué la carte de la franchise. S’il cite des éléments locaux performants comme Hamideche ou Wassila Alouache, il refuse toute convocation de complaisance.

« Je pars toujours du principe qu’il faut aligner les meilleures pour l’équipe nationale. Si je commence à vouloir faire plaisir de manière affective, je ne serais pas dans mon travail et dans l’efficacité », a-t-il martelé avec fermeté, tout en assurant : « Beaucoup de joueuses évoluant en Algérie sont passées par la sélection, je n’ai jamais fermé la porte. »

Pour le sélectionneur, les joueuses du championnat local font face à une concurrence directe avec des cadres évoluant au plus haut niveau européen, telles que la capitaine Marine Dafeur ou Amira Ould Braham : « Est-ce que les Algériens seraient heureux qu’on fasse jouer des joueuses un peu moins bonnes et que derrière, on ne gagne pas ou qu’on ne soit pas bons dans une compétition ? L’idée est que l’équipe nationale A offre une vitrine qui permette à toutes les jeunes joueuses, vivant en Algérie ou ailleurs, de se dire qu’il y a quelque chose au bout du compte. Il faut profiter de ce moment pour faire travailler nos clubs et nos jeunes joueuses d’abord. »

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