À l’approche de la double confrontation contre le Togo en novembre pour les qualifications de la CAN-2027, Brahim Hamdani est attendu au tournant. Plus que le choix des hommes, c’est sa capacité à gommer les erreurs tactiques et de gestion du mois de septembre qui sera scrutée.
Alors que les débats s’orientent souvent autour des joueurs à convoquer ou à écarter, le véritable enjeu du rassemblement de novembre repose sur les épaules de Brahim Hemdani. Le sélectionneur national doit impérativement revoir sa copie après un stage de septembre marqué par de nombreuses imperfections, tant dans la gestion du groupe durant un long séjour au centre de Sidi Moussa que dans ses choix tactiques et son coaching en seconde période face à la Zambie, au Burundi et au Niger. Le rendez-vous de novembre sera d’une tout autre envergure puisque les Verts affronteront le Togo, leur principal concurrent pour la première place du groupe I. La manche aller se jouera le 13 novembre au stade de Tizi Ouzou sous la direction du fameux arbitre gabonais Pierre Atcho, avant un déplacement périlleux à Lomé le 17 novembre.
Fidèle à son schéma préférentiel en 4-3-3, le technicien algérien dispose d’atouts offensifs certains sur les ailes où les solutions ne manquent pas, même si un regain de forme de Mohamed Amine Amoura est attendu pour dynamiser davantage la ligne d’attaque. C’est en revanche au poste d’avant-centre que les interrogations persistent. L’excellente dynamique actuelle de Nadir Benbouali avec le club égyptien de Pyramids FC en fait un candidat sérieux pour apporter un plus dans la surface, tandis que l’absence prolongée de Baghdad Bounedjah depuis le match face au Nigeria lors de la dernière CAN continue de susciter des questionnements, possiblement liés à des considérations extra-sportives, alors qu’il demeure l’attaquant algérien le plus performant.
Au milieu de terrain, si la création ne pose aucun souci grâce à la maîtrise du jeune maestro Ibrahim Maza, l’équilibre global du secteur médian reste un chantier prioritaire. Malgré des débuts encourageants en club, Nabil Bentaleb peine encore à distiller des passes verticales capables de casser les lignes adverses et d’initier des transitions rapides, se contentant trop souvent d’un jeu latéral ou vers l’arrière sur lequel le sélectionneur devra se montrer intransigeant. Surtout, l’équipe nationale a cruellement souffert à la récupération en septembre, où l’utilisation à contre-emploi de Himad Abdelli et de Farès Chaïbi a exposé de grandes lacunes. En l’absence de Bourabaâ, blessé, les retours conjugués de Hicham Boudaoui et de Yacine Titraoui devraient offrir un bol d’air frais au staff technique, à moins que la persistance de cette fragilité ne pousse le sélectionneur à rappeler Ramiz Zerrouki malgré sa lenteur et ses erreurs passées.
Le secteur défensif et le poste de gardien de but constituent l’autre grande préoccupation avant d’affronter les Togolais. Dans les cages, aucun portier n’offre aujourd’hui de garanties absolues : Alexis Guendouz a affiché une certaine fébrilité sur les frappes de loin avec la JS Kabylie malgré un bon début de saison, Alexandre Oukidja reste sous observation avec l’ES Sétif, et Luca Zidane traverse une période très compliquée en deuxième division espagnole avec treize buts encaissés en seulement cinq rencontres. Cette situation rappelle l’importance d’évaluer les joueurs sur la durée et la régularité, sur six mois ou un an, plutôt que de réagir à une performance isolée.
Devant le gardien, Brahim Hemdani devra enfin mettre un terme à l’instabilité chronique de son arrière-garde. Le changement intégral du quatuor défensif entre les matchs de la Zambie et du Burundi a rappelé les tâtonnements de l’ère Vladimir Petković, alors que la défense nécessite des automatismes précis pour gérer l’alignement du hors-jeu et la montée du bloc. Pour stabiliser ce rideau, Ramy Bensebaini reste la seule véritable assurance. Sur le côté droit, l’intégration de sang neuf s’offre au sélectionneur avec des profils comme Mohamed Azzi, rapide, très actif et récemment buteur en Coupe de Russie avec le CSKA Moscou, ou encore Rafik Belghali qui enchaîne les matchs avec le Torino. Avec toutes ces cartes en main, Brahim Hemdani abordera ce mois de novembre sous un mot d’ordre implacable : l’interdiction de se tromper, aussi bien dans l’établissement de sa liste des vingt-six que dans sa gestion tactique des rencontres.













































