«Je deviendrai le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale ». En rejoignant le dernier stage des Verts, Amine Chiakha avait affiché clairement ses ambitions. Une déclaration qui témoigne de la confiance du jeune attaquant, mais qui place aussi automatiquement la barre très haut. Dès lors, chaque apparition sous le maillot national devient une occasion supplémentaire de mesurer sa capacité à concrétiser cette ambition. Face à la Zambie puis au Burundi, Chiakha a pourtant bénéficié d’un temps de jeu conséquent.
En l’absence d’Amine Gouiri, blessé, l’attaquant a disputé 142 minutes, soit 72 minutes contre la Zambie et 70 face au Burundi. Deux rencontres qui lui ont offert une véritable opportunité de s’imposer dans la hiérarchie offensive.
Mais son bilan est resté particulièrement discret : aucune frappe cadrée, aucune occasion créée, aucun but et aucune passe décisive. Au-delà des statistiques, c’est surtout son influence dans le jeu offensif qui a fait défaut. L’attaquant n’a pas suffisamment pesé sur la défense adverse, que ce soit par ses déplacements, son pressing, sa capacité à conserver le ballon ou sa présence dans les derniers mètres.
Cela ne signifie évidemment pas que le jugement doit être définitif.
Chiakha reste un jeune attaquant et deux rencontres ne suffisent pas pour tirer des conclusions irréversibles. Mais ces prestations relancent une question importante : l’équipe nationale dispose-t-elle aujourd’hui d’un avant-centre capable d’offrir les mêmes solutions que celles apportées autrefois par Islam Slimani ou Baghdad Bounedjah ?
Slimani représentait un véritable attaquant de surface, fort dans les duels et le jeu aérien, avec une expérience considérable des rendez-vous africains. Bounedjah, de son côté, combinait puissance physique, présence dans la surface, mobilité et capacité à exercer un pressing constant sur les défenseurs.
Chiakha possède un profil différent. Il représente davantage un investissement pour l’avenir et doit encore démontrer qu’il peut progressivement devenir une référence à la pointe de l’attaque. Gouiri, lui aussi, apporte des qualités différentes, avec davantage de mobilité autour de la surface, une participation à la construction et une capacité à exploiter les espaces.
La réflexion prend encore plus d’importance à l’approche des grandes échéances africaines. Une phase finale de Coupe d’Afrique des nations ne ressemble pas nécessairement aux éliminatoires : les espaces peuvent être plus réduits, les duels plus nombreux et les occasions plus difficiles à obtenir. Dans ce contexte, la capacité à gagner des duels, jouer de la tête, peser physiquement et convertir les demi-occasions peut devenir déterminante.
Le dossier du numéro 9 sera donc l’un des sujets à suivre pour le staff de Chiakha. Faut-il continuer à investir dans Chiakha et Gouiri afin de construire une nouvelle génération offensive, compter sur l’expérience de Bounedjah ou explorer une autre piste ? La réponse dépendra surtout des besoins tactiques de l’équipe et de la capacité de chaque attaquant à apporter des solutions complémentaires.














































