Le collège technique, simple chambre d’enregistrement ?

Le collège technique, simple chambre d’enregistrement ?

Une question mérite d’être posée au lendemain de la décision de la FAF de confier les rênes des Verts au duo Brahim Hemdani–Antar Yahia : quelle a été exactement la position du collège technique et de la commission des experts de la Fédération ? Sont-ils favorables à cette option ? L’ont-ils recommandée ? Ou ont-ils simplement été informés d’une décision déjà pratiquement arrêtée ?

La question n’est pas de contester le choix de la FAF. La Fédération a parfaitement le droit, et même la responsabilité, de trancher en dernier ressort sur les questions stratégiques concernant l’équipe nationale. Mais alors, il faut être cohérent avec le discours sur la collégialité et la consultation des techniciens.
Ces dernières semaines, plusieurs pistes ont circulé, notamment celle d’Antar Yahia, avant que l’hypothèse d’un tandem avec Brahim Hemdani ne prenne progressivement de l’ampleur.
Le choix peut se défendre : Hemdani connaît déjà l’environnement des sélections nationales et venait de réaliser un parcours convaincant avec les U21, tandis qu’Antar Yahia occupe depuis plusieurs mois une place importante dans l’organisation sportive de la sélection. Mais le véritable sujet est ailleurs. À quoi sert un collège technique si ses membres sont régulièrement consultés pour donner l’impression que les décisions sont collégiales, avant que la Fédération ne choisisse finalement une autre voie ? À quoi sert l’expertise de techniciens comme Rabah Saâdane et les autres membres de cette structure si leur avis n’est ni rendu public, ni clairement identifié dans le processus de décision ?

Il ne s’agit évidemment pas d’exiger que la FAF applique systématiquement l’avis de ses experts. Une fédération ne peut pas être dirigée par un référendum permanent. Consulter ne signifie pas obéir. Mais consulter suppose au minimum que l’avis exprimé ait un poids réel dans la réflexion et que les responsabilités soient clairement établies.
Sinon, le risque est de transformer ces experts en simples alibis institutionnels : on les consulte quand cela arrange, on invoque la collégialité quand cela rassure, puis on décide ailleurs.
Si la FAF estime que la décision finale lui appartient — ce qui est parfaitement défendable — qu’elle l’assume pleinement. Mais dans ce cas, qu’elle dise aussi clairement quel rôle elle entend réellement donner à son collège technique.
Car un organe d’experts ne peut pas être seulement là pour cautionner après coup des décisions prises avant même qu’il ne soit consulté. La collégialité ne doit pas être un décor. Elle doit être une méthode de gouvernance.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici