Le football libyen est en train de changer de dimension sur le marché des transferts, et les clubs algériens commencent à en mesurer les conséquences. En l’espace de quelques mois, plusieurs défenseurs algériens évoluant dans des clubs de premier plan ont rejoint ou sont sur le point de rejoindre la Libye, attirés par des offres financières devenues particulièrement difficiles à refuser.
Le dernier exemple en date est celui de Naoufel Khacef. Le latéral gauche du CR Belouizdad a quitté le club algérois pour rejoindre Ahly Benghazi, après que la formation libyenne a activé sa clause libératoire. Selon plusieurs sources concordantes, le montant de cette clause s’élève à environ 12 milliards de centimes, soit près d’un million de dollars.
Ce départ intervient alors que Khacef était encore lié au Chabab jusqu’en 2030 et constituait l’un des éléments importants de l’effectif. Son transfert illustre surtout la capacité croissante des clubs libyens à investir des sommes conséquentes pour attirer des joueurs évoluant dans le championnat algérien.
Le cas Khacef n’est toutefois pas isolé. Durant l’été, Mohamed Amine Tougaï, alors défenseur de l’Espérance de Tunis, a rejoint Al Ahly Tripoli pour une opération estimée à 2 millions de dollars. Le montant du transfert a été rapporté par plusieurs médias tunisiens, confirmant l’importance des investissements consentis par les clubs libyens pour renforcer leurs effectifs.
Quelques jours plus tard, un autre défenseur algérien, Hocine Dehiri, a également quitté l’USM Alger pour rejoindre Al Ahly Tripoli. L’opération a été réalisée pour environ un million de dollars, selon les données disponibles sur le transfert. L’USMA avait officiellement annoncé le départ de son défenseur vers le club libyen en juillet dernier.
Ces trois opérations donnent une idée de la nouvelle puissance financière dont disposent certains clubs libyens. En additionnant les montants annoncés pour Tougaï, Dehiri et Khacef, l’investissement dépasse les quatre millions de dollars, en quelques mois seulement.
Une nouvelle concurrence pour le championnat algérien
Cette tendance pose une question de plus en plus évidente : les millions libyens sont-ils en train de menacer l’attractivité du football algérien ?
Pendant longtemps, le championnat algérien a constitué une destination privilégiée pour les meilleurs joueurs locaux, tout en servant de tremplin vers les championnats européens ou du Golfe. Désormais, certains clubs libyens disposent d’un argument supplémentaire : leur capacité à proposer des contrats et des indemnités de transfert suffisamment élevés pour convaincre des joueurs encore sous contrat avec des formations algériennes ou tunisiennes.
Au-delà de la perte sportive pour les clubs concernés, cette situation pourrait également pousser les équipes algériennes à revoir leur politique contractuelle, notamment en ce qui concerne les clauses libératoires.
La question n’est donc plus seulement de savoir si les joueurs algériens peuvent réussir en Libye, mais si les clubs libyens sont désormais capables de concurrencer directement les meilleures formations algériennes sur le marché des joueurs. Les prochains mercatos pourraient apporter une réponse encore plus claire à cette nouvelle bataille financière.













































