Alors que les élections pour la présidence de la FIFA se profilent pour l’année prochaine, un vent de fronde souffle sur la Confédération Africaine de Football (CAF). De plus en plus de voix s’élèvent contre le soutien indéfectible du président Patrice Motsepe à Gianni Infantino, poussant plusieurs dirigeants africains à solliciter Mattias Grafström, l’actuel secrétaire général de l’instance mondiale, pour qu’il se porte candidat.
Selon de récentes révélations médiatiques, des figures influentes du football africain ont entamé des discussions directes avec Mattias Grafström afin de sonder son intérêt pour la présidence de la FIFA. Actuellement, une quinzaine de fédérations africaines seraient d’ores et déjà prêtes à tourner le dos à l’actuel président, Gianni Infantino, lorsqu’il briguera un nouveau mandat l’an prochain.
Cette démarche illustre une rupture évidente avec la ligne directrice imposée par Patrice Motsepe, le président de la CAF, qui a pris l’habitude d’afficher un soutien inconditionnel au dirigeant suisse. La dissidence trouve notamment ses racines dans une certaine prise de distance initiale de Grafström face à certains projets controversés portés par Infantino. Cette attitude a suffi à raviver l’espoir des opposants africains. Bien que le secrétaire général n’ait pas encore donné de réponse définitive face aux appels du pied de plusieurs présidents de fédérations, sa capacité d’écoute et son pragmatisme séduisent de nombreux membres du comité exécutif de la CAF.
Le mécontentement à l’égard de Gianni Infantino s’est largement cristallisé autour de décisions perçues comme des ingérences, en particulier l’idée de faire passer la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à un rythme de quatre ans au lieu de deux. De nombreux observateurs et dirigeants estiment que cette réforme très impopulaire a été dictée par la FIFA et imposée à Motsepe à la fin de l’année dernière.
Contrairement aux communiqués officiels de la CAF évoquant un soutien unanime à Infantino, la réalité en coulisses semble bien plus nuancée. Lors de la dernière réunion du comité exécutif le 7 août, seuls quatre membres sur vingt-et-un – parmi lesquels Patrice Motsepe et le Marocain Fouzi Lekjaa – ont exprimé ouvertement et clairement leur appui au patron de la FIFA. La grande majorité des membres a préféré garder le silence, adoptant une posture d’attente prudente face à l’évolution de la situation.
Néanmoins, Infantino conserve des alliés de poids sur le continent. Les fédérations du Maroc, de l’Égypte, de la Mauritanie et du Soudan ont récemment publié une déclaration conjointe pour réaffirmer leur soutien total à la direction actuelle. Il n’en reste pas moins qu’avec ses 54 voix, le continent africain possède un poids électoral déterminant. Sachant qu’un candidat doit réunir 106 votes sur les 211 membres que compte la FIFA pour l’emporter, la division actuelle de l’Afrique pourrait bien être la clé d’un éventuel basculement à la tête du football mondial.













































