Dans le football, certains buts valent davantage qu’une victoire. Ils deviennent des repères dans l’histoire d’une sélection et restent gravés dans la mémoire collective. Samedi soir, aux États-Unis, Boualem Khoukhi a offert au Qatar bien plus qu’une égalisation face à la Suisse : il lui a permis de décrocher le tout premier point de son histoire en Coupe du monde.
Longtemps dominé par une solide équipe suisse, le Qatar a finalement arraché un précieux match nul (1-1) au Levi’s Stadium de Santa Clara pour son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026. Le héros de la soirée se nomme Boualem Khoukhi.
À la quatrième minute du temps additionnel, le capitaine d’Al Annabi a trouvé le chemin des filets et sauvé son équipe d’une défaite qui semblait inévitable. Cette réalisation possède une portée historique. Lors de la Coupe du monde 2022, organisée sur son sol, le Qatar avait quitté la compétition avec trois défaites en autant de rencontres.
Malgré l’enthousiasme suscité par l’événement, la sélection asiatique n’avait pas réussi à décrocher le moindre point. Quatre ans plus tard, dès son premier match dans cette nouvelle édition, elle met fin à cette série négative grâce à l’expérience de son capitaine.
Pour Boualem Khoukhi, ce moment représente sans doute l’un des plus marquants d’une carrière déjà riche. Né à Bou Ismaïl, en Algérie, le défenseur évolue sous les couleurs qataries depuis 2013. À bientôt 36 ans, il continue d’occuper un rôle central au sein de la sélection. Son égalisation face à la Suisse constitue son 22e but en sélection pour un total de 123 apparitions internationales.
Des chiffres qui témoignent de sa longévité et de son importance dans le football qatari. La rencontre avait pourtant mal commencé pour les hommes de Julen Lopetegui. Dès la 17e minute, Breel Embolo ouvrait le score sur penalty et donnait l’avantage à une formation suisse qui maîtrisait globalement les débats. Plus entreprenants et plus dangereux, les Helvètes ont multiplié les occasions sans toutefois parvenir à inscrire ce deuxième but qui leur aurait permis de se mettre définitivement à l’abri.
Un symbole fort pour le Qatar
Le scénario de cette rencontre offre également une dimension symbolique particulière. C’est en effet un joueur né en Algérie qui permet au Qatar d’inscrire une première ligne positive dans son histoire mondiale. Depuis plusieurs années, Boualem Khoukhi est devenu l’une des figures emblématiques d’Al Annabi. Son but, inscrit au moment où tous semblaient croire à une victoire suisse, illustre parfaitement son statut de leader et son influence dans le vestiaire qatari.
Le match a également été marqué par la présence d’un autre joueur d’origine algérienne. Karim Boudiaf a fait son entrée à la 60e minute afin de renforcer le milieu de terrain qatari. Son expérience a contribué à stabiliser une équipe qui souffrait face à l’intensité imposée par les Suisses.
La présence simultanée de Khoukhi et Boudiaf rappelle le rôle important joué par plusieurs joueurs d’origine algérienne dans le développement du football qatari au cours de la dernière décennie. Ce résultat relance complètement la lutte dans le groupe B.
La veille, le Canada et la Bosnie-Herzégovine s’étaient également neutralisés sur le même score de 1-1. À l’issue de cette première journée, les quatre sélections comptent donc chacune un point. Une situation rare qui laisse toutes les possibilités ouvertes avant les prochaines rencontres.
Pour le Qatar, ce nul représente davantage qu’un simple résultat comptable. Il constitue une étape importante dans l’apprentissage du très haut niveau et offre à la sélection une base solide pour la suite du tournoi. Après les désillusions de 2022, Al Annabi démontre qu’il est désormais capable de rivaliser avec des adversaires plus expérimentés sur la scène mondiale.
Grâce à Boualem Khoukhi, le Qatar a enfin inscrit son nom au classement d’une Coupe du monde. Reste désormais à savoir si ce point historique n’est que le début d’une aventure plus ambitieuse.