Dans le monde du football, les trajectoires des entraîneurs sont souvent faites de contrastes. Celle de Slimane Raho en est un parfait exemple.
Jeune entraîneur algérien, doté de diplômes supérieurs et d’une forte personnalité, il réalise un travail remarquable à la tête du géant congolais TP Mazembe, qu’il a rejoint il y a quelques mois.
Arrivé avec l’ambition de redonner de l’élan au club de Lubumbashi, Raho, qui y avait travaillé comme coach adjoint par le passé, a rapidement imposé sa patte.
Sous sa direction, le club domine actuellement la Linafoot, le championnat de République démocratique du Congo, et se rapproche d’un retour remarqué sur la scène continentale africaine. Une performance qui attire l’attention des observateurs et confirme la montée en puissance de ce technicien algérien.
Pourtant, le parcours de Raho n’a pas toujours été aussi fluide. Avant son aventure congolaise, il avait connu une expérience difficile avec l’ES Mostaganem, en Algérie.
Cette période mitigée soulève aujourd’hui une question récurrente dans le football national : comment un entraîneur peut-il échouer dans son pays mais réussir ailleurs, et parfois avec des clubs de dimension continentale.
Le cas Raho met en lumière un débat plus large sur la gestion technique dans les clubs algériens. Nombre d’entre eux continuent de privilégier le recrutement d’entraîneurs étrangers, souvent à des coûts élevés et sans projet sportif clairement défini. Pendant ce temps, des techniciens locaux qualifiés peinent à obtenir leur chance.
Rahou n’est d’ailleurs pas le seul exemple d’entraîneur algérien qui réussit à l’étranger. Un autre technicien algérien dirige actuellement FC Saint-Éloi Lupopo en République démocratique du Congo, où il réalise lui aussi un travail jugé positif par les observateurs locaux.
Ces réussites posent une question fondamentale : pourquoi les grands clubs algériens hésitent-ils encore à faire confiance à leurs propres compétences ? Dans un contexte où la formation des entraîneurs s’est considérablement développée, le football algérien pourrait pourtant bénéficier de ces profils jeunes, qualifiés et ambitieux.
L’histoire de Slimane Raho pourrait ainsi devenir plus qu’un simple succès personnel. Elle pourrait servir de signal d’alarme pour les décideurs du football algérien : les talents existent déjà, encore faut-il leur donner l’espace et la confiance nécessaires pour s’exprimer.