« En sélection, tu mets ton ego de côté » : Les confidences d’Ilan Kebbal sur l’équipe nationale

« En sélection, tu mets ton ego de côté » : Les confidences d'Ilan Kebbal sur l'équipe nationale
Ilan Kebbal sous les couleurs de l'Algérie : la fierté de représenter son pays et une exigence assumée avec humilité.

Actuellement en pleine réussite avec le Paris FC, le milieu offensif Ilan Kebbal n’oublie pas pour autant ses racines et son attachement viscéral à l’équipe nationale. Lors d’une immersion exclusive avec le créateur de contenu Just Riadh, le joueur s’est livré à cœur ouvert sur sa relation avec la sélection, la pression d’un peuple passionné et la mentalité unique requise pour porter le maillot des Fennecs.

Représenter l’Algérie n’est pas une tâche comme les autres pour Ilan Kebbal. Le joueur explique que l’attente et la ferveur créent un environnement totalement différent de ce qu’il vit au quotidien en club. « Il a un amour pour ce pays, c’est une dinguerie », confie-t-il avec émotion. Cette passion populaire engendre inévitablement une exigence décuplée. Contrairement au championnat où il se concentre uniquement sur ses performances de manière libérée, porter les couleurs algériennes implique une autre dimension mentale. « Quand tu es en Algérie, ce n’est pas la même chose. Ce sont des millions de gens qui regardent quand tu as le ballon. Tu as cette pression aussi de te dire que tu es obligé, par rapport à cette équipe et ce pays, de performer et de leur donner ce qu’ils méritent, c’est-à-dire de t’arracher sur le terrain », analyse le meneur de jeu.

Dans une sélection où les places sont chères, Ilan Kebbal a notamment dû composer avec la présence de légendes à son poste, à l’image de Riyad Mahrez. Loin d’être frustré de cette concurrence, il porte un regard plein de lucidité et d’admiration sur son compatriote. « Quand je voyais Riyad, je n’étais pas dans le truc de me dire que je dois jouer, ou que si je veux jouer il faut que je sois meilleur que lui. C’est une dinguerie d’être meilleur que lui. On ne se rend pas compte du joueur que c’était et que c’est, c’était incroyable », admet Kebbal, soulignant au passage le rôle de grand frère tenu par l’ancien ailier de Manchester City qui n’hésitait pas à le conseiller.

Pour le milieu du Paris FC, la sélection nationale est une institution qui dépasse largement les ambitions personnelles. Il insiste sur le fait que le groupe prime absolument sur toute considération individuelle. « C’est le seul endroit où tu mets ton ego de côté. Il faut toujours le garder car tu es compétiteur et tu as envie de jouer, mais le but c’est d’amener la sélection là où elle doit être », résume-t-il avec humilité. Selon lui, si un autre joueur fait gagner l’équipe, tout le monde en sort gagnant, car la réussite collective sert l’ensemble du groupe.

Abordant les périodes parfois plus complexes de l’équipe ou les choix mystérieux du sélectionneur Vladimir Petkovic, Kebbal refuse de se cacher derrière le staff technique. Il estime que les joueurs ont leur propre destin entre les pieds et doivent assumer. « Nous sommes des joueurs, on reste à notre place. Peu importe qui est sur le terrain, il faut tout donner. Souvent, on blâme les entraîneurs quand il y a de mauvais résultats, mais c’est nous qui sommes sur le terrain. Les coachs ne font peut-être pas toujours les bons choix, mais nous avons notre part de responsabilité », affirme-t-il avec beaucoup de maturité.

Malgré les obstacles inhérents au football international, les moments vécus avec l’Algérie restent gravés à vie dans son esprit. Il se remémore avec des étoiles dans les yeux sa première titularisation, notamment face au Niger. « J’étais dans un film, j’étais trop content. Ça m’a rarement fait des émotions comme ça », se souvient-il. Conscient de son immense privilège, Ilan Kebbal continue de tout donner en club pour mériter de retrouver cette ferveur unique. « Juste d’être appelé dans les 26, c’est une dinguerie. Le nombre d’Algériens dans le monde qui aimeraient y être, c’est fou. » Une belle déclaration d’amour qui prouve que pour lui, le maillot vert et blanc reste la consécration ultime de sa carrière.

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