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CAF : La CAN 2027 et le syndrome du rétropédalage

par B. Elias
CAF : La CAN 2027 et le syndrome du rétropédalage

La Confédération africaine de football (CAF) vient une nouvelle fois de s’offrir une séquence de communication dont elle a le secret.
Par un communiqué laconique publié ce jeudi, l’instance suprême du football africain a dû formellement démentir les rumeurs d’un passage à 28 équipes pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, confirmant le maintien du format actuel à 24 sélections. Si cette décision relève du bon sens sur le plan strictement sportif, la manière dont l’information a été gérée met en lumière les défaillances chroniques de gouvernance et de clarté qui minent la crédibilité de l’institution dirigée par Patrice Motsepe.

Qu’une rumeur d’élargissement prenne une telle ampleur au point de forcer le président lui-même à éteindre l’incendie en conférence de presse en dit long sur le déficit de transparence de la CAF. À l’heure où le football mondial souffre déjà d’une surcharge dramatique des calendriers, l’évocation même d’un tournoi à 28 équipes — ce qui aurait alourdi une compétition déjà dense — frise l’aberration. Heureusement, la raison l’a emporté : la formule à 24 pays, inaugurée en 2019 lors du sacre de l’Algérie en Égypte, sera reconduite pour la quatrième fois consécutive. Pour la première co-organisation de l’histoire du tournoi en Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya, Ouganda), s’imposer le casse-tête logistique de quatre équipes supplémentaires aurait probablement viré au fiasco organisationnel.

Cependant, le soulagement quant au format ne saurait masquer l’amateurisme qui entoure la planification. Fixer le tournoi du 19 juin au 17 juillet place la CAN en confrontation directe avec les agendas des grands clubs européens et le nouveau format des compétitions internationales. Plus problématique encore, le calendrier des qualifications ressemble à un sprint absurde et irrespirable. Condenser les six journées éliminatoires sur le seul trimestre de septembre à novembre constitue une hérésie physique pour les joueurs et un défi logistique majeur pour les fédérations nationales. Les sélections, à l’image de l’Algérie qui entamera son parcours dans le groupe I face à la Zambie avant de croiser le fer avec le Burundi et le Togo, vont devoir enchaîner les matchs à un rythme effréné sans le moindre espace pour la préparation tactique ou la récupération.

En choisissant de maintenir le statu quo tout en imposant un calendrier de qualifications ultra-compressé, la CAF démontre qu’elle navigue souvent à vue, guidée par l’urgence plutôt que par une vision à long terme. La clarification textuelle de l’instance était nécessaire pour faire taire les approximations médiatiques, mais elle ne règle en rien le problème de fond : le football africain mérite une gouvernance moderne, prévisible et respectueuse de l’intégrité physique de ses acteurs, loin des approximations de communication qui continuent de ternir son image sur la scène internationale.

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