Défense fébrile, milieu lourd : Les Verts face à l’urgence d’un renouvellement profond

Défense fébrile, milieu lourd : Les Verts face à l'urgence d'un renouvellement profond

En regardant la première période, notre équipe nationale peut presque s’estimer heureuse de ne pas avoir encaissé quatre buts. Avec davantage d’efficacité de l’adversaire, le scénario aurait pu être beaucoup plus lourd.

Pourtant, certaines occasions et quelques séquences offensives laissent aussi penser que les Verts auraient pu obtenir davantage. Le principal chantier semble se situer en défense.
À l’exception de Hadjam, qui a semblé tirer son épingle du jeu, l’ensemble du secteur défensif a montré des limites préoccupantes. Du gardien jusqu’à Ramy Bensebaini, en passant par Saadi Redouani et Achraf Abada.
L’équipe a trop souvent donné l’impression de subir, avec des espaces et des hésitations difficilement compatibles avec les ambitions affichées.

Au milieu de terrain, le constat est encore plus préoccupant. Le secteur paraît lourd, manque de rythme et peine à accélérer le jeu. Il faut du sang neuf, de la mobilité et surtout davantage de capacité à créer des décalages. Brahim Maza, lui, apparaît comme une exception intéressante. Son potentiel et sa personnalité balle au pied donnent l’impression qu’il peut constituer l’un des éléments autour desquels construire le futur de la sélection.
Le cas de Farès Chaïbi interpelle également. Le voir porter le prestigieux numéro 10 rappelle l’histoire et les exigences attachées à ce maillot. Mais sur le terrain, il n’a pas encore totalement convaincu. Le talent est là, mais il doit désormais se traduire plus régulièrement dans le rendement collectif.

En attaque, Amine Chiakha a surtout souffert d’un problème collectif : les ballons sont rarement arrivés dans les bonnes conditions. Le système utilisé ne semblait pas particulièrement adapté à ses caractéristiques. Boulbina, de son côté, n’a pas suffisamment pesé, hormis sur son coup de pied arrêté, avec parfois une certaine lenteur dans la prise de décision.
Bachir Belloumi pourrait toutefois constituer l’une des rares satisfactions offensives de la rencontre. Son activité et ses initiatives ont apporté davantage de danger, même si cela n’a pas suffi à changer fondamentalement le visage de l’équipe.
Au-delà des individualités, le véritable sujet est donc celui des choix du sélectionneur. Cette équipe semble avoir besoin d’un renouvellement profond, pas nécessairement d’un simple ajustement à deux ou trois postes. Donner davantage de place à la jeunesse, modifier les équilibres du milieu et revoir certaines associations pourraient permettre de repartir sur de nouvelles bases. Reste une question essentielle : le sélectionneur aura-t-il l’audace de provoquer cette révolution dans le onze ? Car après un tel match, continuer exactement sur la même voie risque surtout de reproduire les mêmes problèmes.

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